SÉLECTION TV HEBDOMADAIRE

Cette sélection TV hebdomadaire est effectuée par le secrétariat général de la CIIP. Elle est destinée aux enseignant.es et aux médiathèques scolaires. Les choix renvoient à des objectifs du Plan d'études romand (tags de couleur, par ex. SHS 31, FG 21, etc) ou, cas échéant, à des fiches pédagogiques e-media. Les films et émissions TV mentionnés dans cette sélection se retrouvent à terme sur laPlattform.ch, pour une exploitation en classe (streaming ou téléchargement).

 

Mercredi 12 mai 2021

Fish Eye

 
Film documentaire de Amin Behroozzadeh (Iran, 2020)
 Mercredi 12 mai 2021 à 22h55 sur RTS_1_2019 Durée : 70 min

L'équipage d'un chalutier traverse l'océan avec un seul but : pêcher deux mille tonnes de thons. Dans la profondeur des eaux, pendant des mois, ces hommes partagent des conditions de travail extrêmement dures. Entre poésie et critique sociale, Fish Eye nous invite à réfléchir sur les engrenages du capitalisme à travers la pêche industrielle.

Le Parsian Shila est l’un des plus grands chalutiers industriels, traversant l’océan avec un seul but : pêcher deux mille tonnes de thons. À bord, l’équipage dirigé par des cadres iraniens, est composé dans sa majorité de jeunes africains. Malgré les différences sociales, ils sont tous prêts à vivre loin de leurs proches, le temps de cet embarquement. Ces hommes sont obligés de tout partager ; des conditions de travail extrêmement dures, le quotidien de la distance, les peines comme les joies.

Dans l’immensité des eaux, la vie se déroule comme dans un temps suspendu. Par le biais de cette traversée océanique, Amin Behroozzadeh nous invite à plonger dans le quotidien de la pêche en gros, qui se présente ici comme une impitoyable chaîne de travail industrielle, mais qui n’est pas exempte de poésie. Fish Eye crée un regard lyrique entre la mer et les hommes, tout en proposant une réflexion engagée sur les engrenages du capitalisme sauvage incarné par ce léviathan contemporain qu’est le Parsian Shila. (RTS)

 

Dimanche 16 mai 2021

Histoire vivante
Cinecittà - La fabrique de l’Histoire

 
Film documentaire d’Emmanuelle Nobécourt (France/2021)
Dimanche 16 mai 2021 à 20h55 sur RTS_2_2019 Durée : 52 min FG 31 et SHS 32 
Construite en 1937, Cinecittà a été pensée par Benito Mussolini comme une arme de propagande fasciste. Depuis la fin de la guerre, les studios romains accompagnent la transformation sociale et politique d’une Italie qui se modernise et défie Hollywood.
 
C'est la prophétie, matérialisée sur une immense bannière, qui a présidé l'inauguration, le 28 avril 1937, de Cinecittà, la « ville du cinéma » voulue par Benito Mussolini. Avant de devenir la mythique « usine à rêves » qui fait crépiter l'imagination de tous dans le monde entier (et où s'est écrite une partie essentielle de l'histoire du cinéma), Cinecittà a été conçue comme la pièce maîtresse d'une machine de guerre fasciste. Un projet mégalomaniaque né de l'utopie fasciste dont l'ombre plane toujours sur la façade du bâtiment, inchangée depuis plus de 80 ans. Même architecture austère typique de l'époque, mêmes couleurs roses et ocres, même absence d'esthétique onirique.
 
Ce projet, pensé par Mussolini lui-même, était destiné à combattre l’ennemi américain sur son propre terrain : celui des rêves et du fantasme. Ironie de l’histoire, c’est cette même « ville-cinéma », où les plus grands réalisateurs du néoréalisme ont fait leurs classes, qui sera finalement l’instrument de la résurrection italienne après-guerre, et le symbole de son retour dans le concert des nations démocratiques. (RTS)

 

 

Enfants de Daech, les damnés de la guerre 

 
Film documentaire d’Anne Poiret (France, 2021)
Dimanche 16 mai 2021 à 22h05 sur RTS_2_2019 Durée : 70 min SHS 32 
Voici une enquête engagée en faveur des droits humains, à l’instar de l’œuvre d’Anne Poiret, Prix Albert-Londres 2007. Cette spécialiste des questions de l’après-guerre au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie livre un tableau bouleversant de la situation des enfants en Irak et en Syrie depuis la chute de Daech, en mars 2019. Le reportage décrit avec précision comment l’organisation terroriste a laissé derrière elle plusieurs milliers de mineurs, qui sont aujourd’hui livrés à eux-mêmes, rejetés dans leur propre pays et privés d’accès aux soins, à l’aide alimentaire et à l’éducation. Les uns sont fils et filles de djihadistes, nés de mariages ou issus de viols de femmes de la communauté yézidie dans le Kurdistan irakien. Le nouvel Irak refuse de leur donner une existence légale. D’autres sont d’anciens enfants-soldats. Ils croupissent dans des prisons surpeuplées et infectes, comme le dévoilent des images de vidéosurveillance que la réalisatrice a pu se procurer.
 
Toute la puissance du documentaire réside dans l’habileté avec laquelle il fait parler ces enfants du chaos confrontés aux défaillances de la justice irakienne et au ressentiment des populations victimes des horreurs de Daech. « Ils sont, eux aussi, victimes des terroristes et de la société », fait remarquer une intervenante pour qui l’avenir de cette génération est une question qui ne concerne pas seulement le Moyen-Orient. En relatant un bout de l’enfer de ces damnés de la guerre, le propos du film est surtout d’alerter sur la bombe à retardement qu’ils représentent pour la communauté internationale. « Si rien n’est fait, à la moindre occasion, ils vont vouloir venger leurs frères ou leurs pères. » (Télérama)