Sélection TV hebdomadaire

 

Dimanche 26 mai 2019

2 degrés, les dessous de la guerre climatique 


Film documentaire Jean-Michel Carré (France, 2018)

Dimanche 26 mai 2019 à 14h00 sur tv5 Durée : 80 min  SHS 31FG 36-37

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Retour sur la signature de l’accord de Paris, ce « miracle diplomatique » comme le qualifie Laurent Fabius, qui a vu, à l’hiver 2015, 195 pays s’engager à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre devant l’urgence à limiter le réchauffement de la planète. C’était avant l’élection de Donald Trump, et déjà les Etats-Unis, deuxième plus gros pollueur au monde, derrière la Chine, freinaient des quatre fers. Ils avaient fini par signer, tous, et les images de cette séance plénière, où des diplomates du monde entier se tombent dans les bras, ont un effet indéniablement euphorisant. Ensuite, c’est la douche froide. A peine arrivé à la Maison-Blanche, Trump dénonce l’accord.

Légèrement brouillon, mais passionné et militant, le film retrace d’abord les grandes étapes d’une prise de conscience aiguillée par la communauté scientifique et des ONG tandis que les politiques restent captifs des intérêts économiques de leurs potentiels soutiens financiers. Puis il pénètre les coulisses de la négociation internationale en s’autorisant de nombreuses incises pour en illustrer les dimensions géostratégiques. La dernière partie refuse le défaitisme mais souligne la multiplication de grandes catastrophes (inondations, feux de forêt, élévation du niveau de la mer) puisque rien n’a finalement changé depuis la signature du traité. Seule nouveauté : l’appropriation du combat par les sociétés civiles. Mais, tout miser sur la jeunesse, n’est-ce pas une autre façon de se défausser ? (Télérama)

 

 

Histoire vivante

Mossoul après la guerre


Film documentaire d'Anne Poiret (France, 2019)

Dimanche 26 mai 2019 à 23h00 sur RTSDEUX Durée : 60 min SHS 32 

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Les combattants de l’Etat islamique ont été chassés de Mossoul le 9 juillet 2017 par les forces irakiennes. Ils ont contrôlé la deuxième ville du pays durant trois ans. Comment reconstruire aujourd’hui cette cité totalement dévastée par des mois de combats ? Entre laxisme des autorités irakiennes et hésitations de la communauté internationale, le défi est énorme et crucial pour rebâtir un vivre-ensemble.

On rentre dans le film par le « ground zero », le quartier d’Al-Midan. C’est le cœur sunnite de Mossoul, réduit à un tas de cendre après les dernières batailles pour libérer la ville des griffes de Daesh. Une grande partie du documentaire tourne autour de ce quartier, le plus difficile à reconstruire, qui va lui-même devenir presque un personnage à part entière.
Quatre personnages principaux seront le fil rouge de l’histoire (Bachar, Abderrahmane, un commerçant avec sa fille et une femme de Daesh), ce sont des habitants de Mossoul qui ont tout perdu. Ils vont raconter leur vie, leurs craintes, leur désespoir, leurs rêves. Ce sont des gens que l’on a très peu entendus, des habitants livrés à eux-mêmes. Certains songent à partir, d’autres nourrissent un sentiment de vengeance, d’autres encore rêvent plus ou moins secrètement d’un retour de l’Etat islamique.

Au-delà des habitants d’Al-Midan, la réalisatrice suit les démêlés du docteur Khyatt - un chirurgien, notable de la ville, choisi par le gouvernement irakien pour être l’interlocuteur de confiance de la communauté internationale - avec le gouverneur de la ville, soupçonné de corruption et qui lui conteste ce poste.

Les enjeux géopolitiques de cette reconstruction viendront ponctuer le récit et mettre en perspective les scènes du quotidien.
Car plus personne ne parle de Mossoul, comme si tout était terminé après le départ de Daesh. C’est là qu’intervient le travail solide et analytique de la réalisatrice qui s’est toujours intéressée aux après-guerres.
Le constat de ce film est sans appel : aujourd’hui à Mossoul, ville sunnite contrôlée par les milices chiites, tout est en train de se mettre en place pour que Daesh revienne. Les défaillances de la communauté internationale, celles de l’Etat irakien, la corruption qui revient massivement, l'insécurité qui refait petit à petit son apparition... Tout oeuvre pour que les cellules dormantes de Daesh disséminées dans toute la ville, se réveillent. (RTS)

 

 

Mardi 28 mai 2019

Infrarouge
Phobies scolaires, le mal de grandir

 
Film documentaire de Cécile Tartakovsky et Frédéric Capron (France, 2018)

Mardi 28 mai 2019 à 23h20 sur France2 Durée : 60 min

infrarouge
« Imaginez ce que l’on ressent quand on habille sa fille et qu’elle se débat, lâche un père désemparé. On est deux, un qui la tient, l’autre qui lui enfile les vêtements. On la rentre de force dans la voiture, elle s’accroche à tout ce qu’elle peut, fait tomber les chaises… Un jour, alors que je roulais vers le collège, elle a ouvert la fenêtre et essayé de sauter ! » Comme d’autres parents qui témoignent dans ce reportage, ce père a d’abord cru à un caprice. Avant de réaliser que son enfant souffrait d’un mal profond. Et qu’il avait besoin d’aide.

A Montpellier, une unité de soins unique en France, à la fois hôpital de jour et école, accueille une dizaine de collégiens déscolarisés. Ils y apprennent à comprendre la peur panique de retourner à l’école, et les moyens de la surmonter. Car on ne guérit pas d’un coup de baguette magique de la phobie scolaire, expliquent les pédopsychiatres. On l’apprivoise. Une année durant, Cécile Tartakovsky et Frédéric Capron ont filmé quatre ados tourmentés, effrayés par leurs camarades de classe, par un prof, par la perspective d’avoir de mauvaises notes. Ils ont saisi leurs progrès, les rechutes, les sourires qui reviennent sur les visages. Et enfin le retour au collège, premiers pas, à la fois timides et excitants, pour ces gosses comme pour leurs parents. (Télérama)

 

 

Mercredi 29 mai 2019

Au cœur du sport


Passion Olympique : à la découverte de l'esprit et des valeurs olympiques CM 24-34 / SHS 32 / FG 35 

Mercredi 29 mai 2019 à 20h10 sur RTSDEUX Durée : 26 min  

 

 

Ville cherche héros (1 et 2/2)
Mesures hivernales – Ultima ratio 

Film documentaire de Robin Erard et Samuel Chalard (Suisse, 2019)

Mercredi 29 mai 2019 à 20h10 sur RTSUN Durée : 110 min SHS 34

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C’est l’histoire du Conseil communal de La Chaux-de-Fonds, l’histoire de cinq élus en lutte contre la crise qui frappe leur commune de plein fouet. Que faut-il sauver ou sacrifier si l'on veut encore pouvoir prétendre au statut de ville ? L’avenir de la cité est entre leurs mains !

De janvier à décembre 2018, Robin Erard et Samuel Chalard ont suivi les membres du Conseil communal de La Chaux-de-Fonds - en prise avec leurs dossiers, leurs chefs de service, leurs collègues, leur parti… leur cité. Ils dévoilent ici le travail confidentiel de l’exécutif de la troisième ville de Suisse romande.

Surplombant La Chaux-de-Fonds, au 13e étage de la tour Espacité, Katia, Sylvia, Marc et les deux Théo scrutent la ville qu’ils tentent de sauver. Derrière eux, sur la table du Conseil communal, l’ordre du jour, ce colosse qu’ils doivent abattre, semaine après semaine. Il faut mener les grands dossiers sans délaisser les affaires courantes. Sauver les loutres du zoo communal, sans prétériter l’ouverture de nouvelles classes d’accueil. Relancer l’emploi, sans oublier de choisir le design des poubelles. Économiser sur le déneigement pour engager de nouveaux assistants sociaux. Augmenter les entrées fiscales, puis remplacer le linoléum du musée d’horlogerie. Bref, La Chaux-de-Fonds doit redevenir une ville attractive… tout en réduisant la facture de l'éclairage public !

Bien que la proximité avec le Conseil communal soit au cœur de ce documentaire, les deux réalisateurs prennent régulièrement de la hauteur pour amener le spectateur à se questionner sur ce qui fait une ville en Suisse aujourd’hui. L’insularité de La Chaux-de-Fonds se prête parfaitement à cet exercice. Ville peu connue des Romands, aux délimitations étonnamment franches et à l’urbanisme immédiatement reconnaissable, elle possède des qualités cinématographiques originales. L’arène idéale pour une immersion dans les milieux politiques.

Théo Huguenin-Elie — 44 ans / Président / PS
Super pouvoirs : urbanisme, bâtiments et relations extérieures
Sa conscience politique s’éveille à 19 ans suite au rejet par les urnes de l'adhésion à l’Union européenne. L’entrée de Christophe Blocher au Conseil fédéral en 2004 le décide à pousser la porte d’un parti. Ses convictions sont à gauche, mais son mode de vie est trop « bobo » pour entrer au POP, ce sera chez les Socialistes. Théo est fasciné par le style de Jean Studer, son mentor politique. Mais ce dernier le trahit deux fois : la première sur le dossier hospitalier, la seconde sur la réforme fiscale des personnes morales. Deux dossiers qui sont au cœur des enjeux actuels de la ville, dont il tient la présidence.

Katia Babey — 45 ans / Vice-présidente / PS
Super pouvoirs : jeunesse, affaires sociales, sports et santé
Cette juriste de formation est élue à 28 ans au législatif de la ville - au moment le plus inopportun : sa fille n'a que trois semaines ! Dix-sept ans plus tard, pour donner tort à cette même fille, qui la juge juste bonne à rester à la maison et gérer ses deux chambres d’hôtes, Katia s'inscrit sans y croire sur les listes du Conseil communal. Élue, elle passe de « quasi mère au foyer » à des semaines de soixante heures, courant de séance en séance. Carburant à la clope et à la caféine, cette femme de gauche à la gouaille du cru, a repris en main des départements qui l’obligent à avaler de sacrées couleuvres. Pour la jeunesse : elle doit assumer l’illégalité dans laquelle la ville se trouve, ne pouvant créer les cent soixante places de crèche exigées par la loi. Elle gère ce cas conscience à sa manière : « Je m’en fous, j'ai pas les sous ! »

Marc Arlettaz — 32 ans / UDC
Super pouvoirs : sécurité, espaces publics et énergies
À une semaine de l’élection pour le Conseil communal, un socialiste réputé de la ville fait campagne pour lui afin de barrer la route à la tête de liste de l’UDC, l'incarnation du mal : Jean-Charles Legrix. La stratégie paye. Boosté par la gauche (sic), Marc accède au pouvoir à 31 ans. Le ton calme et réfléchi contraste complètement avec le physique imposant de ce jeune UDC franco-suisse au visage poupon. Soucieux de conserver ce qu’il appelle « l’urbanité de la ville », Marc ne souhaite ni le départ des gros contribuables ni celui des acteurs culturels et associatifs.

Théo Bregnard — 42 ans / POP
Super pouvoirs : instruction publique, culture et intégration.
Son premier job d’étudiant a été de servir au café ABC, un haut lieu culturel de la ville dont il a été membre du comité jusqu'à son élection en 2016. Désormais, il est en charge du département de la culture qui a justement dû réduire les subventions à l’ABC. Autant dire que ce fils d’écrivain, qui a grandi dans la culture, est face à un cas de conscience. Ancien enseignant de français au physique d’intellectuel, il semble peu charismatique de prime abord. Mais la passion s’éveille dès qu’on aborde avec lui les enjeux culturels ! Hélas, la culture risque de payer le prix fort des restrictions budgétaires.

Sylvia Morel — 59 ans / PLR
Super pouvoirs : finances, économie et ressources humaines
« À l’âge de 25 ans, je suis entrée en politique pour faire basculer la majorité de la ville à droite. » Trente-quatre ans plus tard, elle n’y est pas encore parvenue, mais elle poursuit toujours cet objectif avec la même rigueur ! À l’écouter, en une demi-journée, elle et son tableur Excel établiraient seuls le budget de la ville et ramèneraient son déficit à zéro. Mais elle doit composer à contrecœur avec ses collègues. Issue du privé, Sylvia a peu à peu introduit les outils de gestion du monde de l'entreprise au sein de l’administration publique. À ses yeux, lorsque la ville sera bien organisée, elle sera en partie sauvée. Mais pour l’instant, elle va de surprise en surprise… (RTS)