SÉLECTION TV HEBDOMADAIRE

Jeudi 13 août 2020

Où est la maison de mon ami ?

 
Film long métrage d'Abbas Kiarostami (Iran, 1987)
 
Jeudi 13 août 2020 à 00h55 sur arte Durée : 80 min FG 31
 
Un écolier cherche la maison d’un camarade pour lui rendre un cahier... L'ode réaliste à l’amitié et à la pureté de l’enfance, qui fit connaître le cinéaste iranien Abbas Kiarostami à l’international.
 
Un matin, à l'école du village, Nematzadeh, un petit paysan iranien de 8 ans, est puni par son maître : il a encore oublié son cahier et doit une fois de plus faire son devoir sur une feuille volante. Le maître menace de le renvoyer. Une fois rentré chez lui, Ahmad, un de ses camarades de classe, s'aperçoit qu'il a emporté par mégarde le cahier de Nematzadeh. En dépit de l'interdiction de sa mère, le jeune écolier entreprend une longue marche qui le mènera jusqu’au village voisin. Avec une émouvante obstination, il cherche la maison de son ami. Mais la route est longue et difficile, l'adresse imprécise, et le temps court jusqu'au lendemain où les devoirs devront être rendus.
L'enfance comme elle peut
 
Cette simple course va se transformer en un chemin initiatique dans une société presque moyenâgeuse, figée sous le poids des interdits. Aux incohérences et à la rigidité du monde adulte, le petit Ahmad oppose sa crainte mais aussi son innocence, sa camaraderie et sa détermination. D’une précision documentaire, Où est la maison de mon ami ? se veut fidèle au réel. "Je veux montrer la vérité", disait Abbas Kiarostami. À travers le long périple d’Ahmad, le cinéaste s’est efforcé de montrer aussi à quel point "la politique touche l'ensemble de la vie et détermine le quotidien de chaque individu". Cette œuvre tendre, filmée en lumière naturelle, à hauteur d’enfant, jouée par des acteurs amateurs, dont l’excellent petit Babak Ahmad Pur (Ahmad), valut à Abbas Kiarostami un début de renommée internationale et un grand succès critique. (Arte)

 

 

Dimanche 16 août 2020

Mise au point
Mise au point ouvre grand les portes de sa rédaction pendant l’été 

Dimanche 16 août 2020 à 20h00 sur RTS_1_2019 Durée : 35 min FG 31
 
Pendant l’été, le magazine de la RTS Mise au point transforme sa salle de rédaction en plateau TV. Qui compose la rédaction de l’émission, quels sont ses secrets de fabrication, comment les journalistes travaillent-ils au quotidien ? Chaque dimanche, les trois présentateur.trices de Mise au point dévoilent tour à tour les coulisses de l’émission et reçoivent en toute convivialité leurs invités, à la machine à café ou au bureau. Avec, comme toujours, des reportages pour suivre l’actualité en Suisse et dans le monde.
 
EMS en Valais : Soupçon de maltraitance
Plusieurs soignants et familles ont dénoncé des conditions de vie intolérables dans un EMS à Saxon : coups, mauvaises manipulations ou encore appels à l’aide ignorés des résidents par manque d’effectifs. Le groupe propriétaire de l’établissement, ainsi que de 80 EMS en Suisse, est mis sous pression.

Via Sicura, loi de la controverse
Des policiers condamnés pour excès de vitesse alors qu’ils poursuivaient des malfrats, une sage-femme sévèrement amendée alors qu’elle roulait au secours d’un nouveau-né en situation de détresse : des cas qui suscitent l’incompréhension, mais qui sont nombreux depuis l’entrée en vigueur de la loi Via Sicura en 2013.

Dans la rédaction de Mise au point
Asseyez-vous au bureau du reporter Jérôme Galichet pour mieux comprendre comment travaille ce baroudeur du journalisme. (RTS)

 

 

Mardi 18 août 2020

La guerre franco-prusienne de 1870-1871

 
Film documentaire de Hermann Pölking-Eiken et Linn Sackarnd (Allemagne, 2020)
 
Mardi 18 août 2020 à 20h50 sur arte Durée : 3 x 55 min SHS 32

 

Aujourd'hui, le conflit franco-allemand de 1870-1871 demeure quelque peu éclipsé par les deux guerres mondiales. Pourtant, il est à bien des égards la matrice des bouleversements géopolitiques qui allaient déchirer l'Europe au XXe siècle. Né d'une rivalité entre hommes d'Etat (Napoléon III et Bismarck), le conflit jette à l'été 1870 des centaines de milliers de soldats français et allemands dans une bataille sanglante. Après la défaite de Sedan puis le siège de Paris, la guerre change de nature et vire à l'affrontement entre les deux peuples. La victoire prussienne permettra aux vingt-cinq Etats allemands de s'unifier. Mais la perte de l'Alsace-Lorraine fera naître en France un profond désir de revanche… Embrasement nationaliste, guerre "technologique", jusqu'au-boutisme militaire : comme l'expliquent très bien les historiens interviewés, 1870 fut une sorte de répétition générale avant la grande boucherie de 1914. Bonne idée du film, on découvre dans le second épisode (Un correspondant de guerre britannique), les combats à travers les articles du Times de William Howard Russell, pionnier du reportage de guerre : pour la première fois, un journaliste racontait la guerre à hauteur d'homme, sans rien cacher de sa brutalité. Un éclairage sérieux et prenant sur un conflit mal connu du grand public. (Télérama) 

 

Les Photographies de la guerre de 1870


Film documentaire de Grit Lederer (Allemagne, 2019)

Mardi 18 août2020 à 23h30 sur  Durée : 53 min SHS 32  FG 31

 

De part et d'autre du Rhin, le film suit le périple d'un jeune historien allemand à la recherche de témoignages photographiques sur la guerre de 1870. Le documentaire alterne de brève lectures de La Débâcle, avant-dernier volume de la série des Rougon-Macquart de Zola, et des séquences chez des collectionneurs ou de grandes institutions. A Strasbourg, on découvre un paysage de ruines seulement dominé par la cathédrale intacte. Si la photo française, prise avant la reddition, soigne la composition pour en accentuer le caractère dramatique, l'image allemande, avec un "planton" en plein milieu, tend à banaliser le sujet. La photographie n'a jamais été une retranscription de la réalité, encore faut-il le démontrer sans simplisme. Ce film sur une guerre en partie oubliée y parvient avec beaucoup de sobriété. Au terme de six mois de conflit, la Commune de Paris éclate. Son écrasement par les Versaillais donne lieu à d'épouvantables séries de portraits recensant les cadavres de fusillés. Encore éloignée des émeutes du fait d'un matériel inadapté, la photo influence pourtant la façon de faire des peintres historiques. Un photographe, Gaudenzio Marconi, a même l'idée de leur fournir des motifs tout faits un peu particuliers : des reconstitutions de champs de bataille avec des jeunes hommes en uniforme qui simulent des cadavres. C'est macabre, mais on devine aux visages de certains que la mise en scène les fait sourire. (Télérama)

 

 

Mercredi 19 août 2020

Lene Marie, le Vrai Visage de l'anorexie

 

Film documentaire de Katja Høgset, Margreth Olin et Espen Wallin (Norvège, 2018)

Mercredi 19 août 2020 à 22h45 sur arteDurée : 70 min  CM 35-36

 

"Je porte en moi la peur, la colère et le chagrin." Lene Marie Fossen, 28 ans au début du film, est anorexique depuis l'âge de 10 ans. L'ampleur de sa maigreur impressionne, effraie. Cette Norvégienne connaît ces regards fuyants, gênés. Elle va les défier à travers des autoportraits troublants et magnifiques où elle se met en scène pour mieux nous confronter à sa réalité, à ses émotions. Ils racontent sa souffrance, ses peurs ou ce que l'on veut y voir. La démarche artistique est unanimement saluée et lui offre une renommée qu'elle accepte, "à condition d'être considérée comme une photographe, pas comme une malade". D'autres portraits suivent : ceux de migrants syriens arrivés en Grèce ou de femmes et d'hommes rencontrés dont elle capte le regard "au-delà des paupières" pour mieux "arrêter le temps". Le sien s'arrête un jour de 2019, entourée de sa famille. Elle a 33 ans.

Ce film beau et difficile raconte une vie. Celle d'une jeune fills qui a refusé de grandir, mais que l'envie de vivre n'a jamais quittée. Elle se confesse, pleure, lutte avec ses mots forts, dérangeants. Son intimité nous bouscule, sa solitude nous interroge. "Trop de gens considèrent l'anorexie comme une maladie d'enfants gâtés." Elle ne revendique rien, ne porte que sa propre parole, déjà bien lourde, partage simplement son bout de vie. Bouleversant, comme ses clichés. On n'en sort pas indemnes. (Télérama)