Dimance 17 mai 2026

Maria

Film long métrage de Jessica Palud (France, 2024)

Dimanche 17 mai 2026 à 23h40 sur   Durée : 100 minutes  

Maria est un hommage empathique d’une réalisatrice et de son actrice à l’une des leurs : Maria Schneider (1952-2011), victime devenue emblématique des violences subies par les femmes dans le monde du cinéma.

La fille de Daniel Gélin n’avait que 19 ans – et était donc, en ce début des années 1970, encore mineure – quand débutèrent les prises de vues du Dernier Tango à Paris, le film qui allait faire sa gloire et son malheur. La faute à une scène de sodomie improvisée sans son consentement par son illustre partenaire, Marlon Brando (incarné par Matt Dillon, étonnamment convaincant) avec la complicité du réalisateur, Bernardo Bertolucci (Giuseppe Maggio, lui aussi très juste). Après ce scandale, l’actrice ne se verra plus proposer que des rôles déshabillés ou sulfureux, à de rares exceptions près (Profession : reporter, d’Antonioni, ou Merry-Go-Round, de Rivette). Et sombrera dans les drogues dures et la dépression.

Son adolescence, les tentatives de désintox…

À l’heure de #MeToo, l’existence et la carrière brisées de Maria Schneider font bien évidemment écho aux témoignages des actrices d’aujourd’hui qui, de plus en plus nombreuses, osent dénoncer les humiliations qu’elles ont subies sur des plateaux de tournage ou en dehors. Jessica Palud a eu l’intelligence de se focaliser sur quelques périodes clés de son parcours tragique : outre Le Dernier Tango…, l’adolescence et les relations conflictuelles avec la mère, ou encore la rencontre avec une étudiante en cinéma qui l’accompagnera dans ses tentatives de désintoxication. Ces moments sont interrompus par de brusques ellipses temporelles, au fil d’une reconstitution d’époque discrète mais crédible.

La réalisatrice a aussi eu la sensibilité d’exprimer le seul ressenti de Maria, avec une mise en scène qui s’attache le plus souvent à son visage et à son corps meurtris. De tous les plans ou presque, Anamaria Vartolomei impressionne de bout en bout. Aussi crédible, et bouleversante, en adolescente fascinée par sa découverte des coulisses du septième art qu’en femme blessée et méprisée. (Télérama)

  Fiche pédagogique e-media : Maria

 

 

Lundi 18 mai 2026

La Haine

Film long métrage de Mathieu Kassovitz (France, 1990)

Lundi 18  mai 2026 à 21h sur   Durée : 90 minutes 

Mathieu Kassovitz, caméra à l’épaule, suit les aventures de trois jeunes banlieusards. Une chronique de deux bavures ordinaires, non dénuée d’humour.

À sa sortie, Mathieu Kassovitz avait voulu faire passer La Haine pour un brûlot, déclarant avoir réalisé « un film contre les flics », et les médias en avaient fait l’accroche commode de documents sur le mal des banlieues. La vérité est plus nuancée. Au départ, La Haine fait tout simplement la chronique de deux bavures ordinaires.

Le film n’incite jamais à la violence : la « haine » passe d’abord par les mots et, si elle se matérialise, c’est à la suite d’un engrenage de circonstances malheureuses, où la bêtise et la peur le disputent à la colère. Kassovitz n’est pas un documentariste. Le style, noir et blanc coup de poing et caméra à l’épaule, soigne les effets de surprise et les ruptures de ton. L’odyssée de trois jeunes prend la forme d’une balade picaresque. C’est presque une suite de sketches, écrits au scalpel, où le rire surgit des trouvailles langagières. Kassovitz est doté d’un solide sens de l’humour. Il sait comment faire rire ou émouvoir. (Télérama)

  Fiche pédagogique e-media : La Haine

 

 

Mardi 19 mai 2026

A bon entendeur

Fruits secs: sous l'image santé, une autre réalité

 

Mardi 19 mai 2026 à 20h10 sur    Durée : 38 minutes CM 35

Un petit creux lors d'une marche en montagne ou un en-cas bienvenu durant une pause au travail ou à l'école ? On pense souvent qu'une poignée de fruits secs mélangés est l'option la plus saine. Mais derrière ces aliments venus des quatre coins de la planète se cachent aussi parfois du sucre, du gras et même des pesticides en nombre. Le magazine À bon entendeur a décortiqué les étiquettes des mélanges tout prêts proposés chez les grands distributeurs et les a envoyés au laboratoire pour un test. (RTS)

 

 

Mercredi 20 mai 2026

Le Front populaire : entre joie et colères

 

Film documentaire de Fabien Béziat et Hugues Nancy (France, 2026)

Mercredi 20 mai 2026 à 21h10 sur   Durée : 100 minutes SHS 32

Si loin, si proche. Tel pourrait être le sous-titre de ce documentaire, produit pour le 90e anniversaire du Front populaire, qui nous parle de crise économique, de montée des extrêmes droites en France et en Europe, mais aussi de coalition des gauches prétendument inconciliables et d’un vent de réformes qui souffla dans le pays au milieu des années 1930. Pour rendre compte de cette période, Hugues Nancy et Fabien Béziat ont convoqué l’analyse d’historiens et les souvenirs de descendants de personnalités marquantes (de Léon Blum à François de La Rocque) comme d’inconnus. La grande réussite de leur film tient à l’habileté avec laquelle ils croisent les temporalités, conjuguant au passé mais aussi au présent l’histoire de cette période, riche en résonances avec aujourd’hui. À la parole de certains répondent des archives — hélas dégradées par la colorisation d’une partie d’entre elles — qui donnent à voir et à entendre leurs parents, grands-parents ou arrière-grands-parents.

L’effet de continuité qu’induit cette forme d’allers-retours permanents est renforcé par le regard que les vivants portent sur des traces d’il y a près de cent ans et par quelques interviews datant de la seconde moitié du XXe siècle. Comme celle du chanteur Francis Lemarque, dont le fils, Michel Korb, lui aussi compositeur, témoigne et signe la musique de ce documentaire. Une œuvre remarquable, qui donne matière à réfléchir sur notre temps autant qu’à nous instruire sur cette époque finalement pas si lointaine. (Télérama)

 

 

Mustang

 

Film long métrage de Deniz Gamze Ergüven (Turquie/France/Allemagne, 2015)

Mercredi 20 mai 2026 à 22h45 sur Durée : 95 minutes  

Dans un village turc, cinq jeunes sœurs fougueuses et fugueuses refusent les diktats religieux et les mariages arrangés. Un premier film explosif.

Dans une maison au bord de la mer Noire, un oncle séquestre ses cinq nièces orphelines. Istanbul est loin. Dans ce village turc reculé, des adolescentes qui chahutent, perchées sur les épaules des garçons, sont des traînées… Pour les dresser, rien de tel que de les couper du monde, en attendant quelques mariages arrangés. Mais les héroïnes de Mustang sont des indociles. À l’initiative de la benjamine, 12 ans, le gynécée organise sa résistance.

La Franco-Turque Deniz Gamze Ergüven signait là un premier film enthousiasmant, où déborde la sensualité de la fratrie fougueuse. Dès le préambule, une magnifique scène de bain, elle célèbre cette féminité explosive qui dérange tant. Dans cette Turquie-là, les nuits de noces virent au cauchemar. Des draps sans tache…et la jeune mariée se retrouve à l’hôpital pour vérification de son hymen…

Dès qu’une des sœurs quitte la maison, cette prison pour futures épouses, le club des cinq perd un membre. Le groupe fait place à des détresses individuelles, parfois insurmontables. Mais la beauté de cette fable solaire est d’exalter la force de ses petites amazones plutôt que d’en faire des victimes. (Télérama)

  Fiche pédagogique e-media : Mustang