Mercredi 29 juillet 2026
Inestimables forêts
Film documentaire d'Orane Buri (Suisse, 2024)
Mercredi 29 juillet 2026 à 22h25 sur
Durée : 52 minutes

Plongez au cœur des forêts suisses et de leur gestion durable ! Derrière les apparences vertueuses, ce film révèle les limites de cet idéal et comment nos choix affectent l'Amazonie. Une critique percutante qui relie local et global, interrogeant nos certitudes face à l'urgence de préserver ce trésor planétaire. (RTS)
Les Filles d'Olfa
Film long-métrage de Kaouther Ben Hania (France, 2023)
Mercredi 29 juillet 2026 à 23h15 sur
Durée : 102 minutes

Tout commence devant un miroir. Pendant qu’elle se fait maquiller, une actrice célèbre – superbe Hend Sabri – exprime son angoisse. Jamais elle n’avait ressenti autant de stress pour un rôle, alors qu’elle s’apprête à rencontrer celle qu’elle est censée incarner : Olfa Hamrouni, mère de quatre filles, les jeunes Eya et Tayssir, mais aussi de deux absentes, et pour cause, Rahma et Ghofrane, parties rejoindre Daech… Tout cela, et bien d’autres secrets et douleurs, on ne l’apprendra que petit à petit dans ce documentaire aux atours de fiction, à moins que ce ne soit l’inverse. En fait, la cinéaste Kaouther Ben Hania invente une forme : celle du documentaire impossible, et qui n’a d’autre moyen pour déterrer la vérité et libérer la parole qu’un faux projet de fiction.
Secouée, comme tant d’autres Tunisiens, en 2016, par les interviews télévisées d’Olfa, après le départ de ses deux aînées pour le djihad en Libye, la réalisatrice a deviné qu’elle ne pourrait amener Olfa, Tayssir et Eya à se confier qu’en les immergeant dans ce drôle de laboratoire de recréation qu’est la préparation d’un film. Et d’emblée, Olfa joue le jeu à un point affolant, riant comme une gamine des horreurs qu’elle vécut en tant que jeune mariée et de la violence qu’elle déploya pour lutter contre un devoir conjugal qui s’apparentait à un viol.
Eya et Tayssir, elle, jouent leur propre rôle face à deux actrices professionnelles (Nour Karoui et Ichraq Matar) qui interprètent leurs sœurs disparues, et cette sororité réinventée provoque d’incroyables aveux sur leur enfance : la sauvagerie de leur mère, trop protectrice, prête à les rouer de coups dès que les adolescentes faisaient montre d’un début de féminité, d’un souffle de liberté. Et c’est ainsi, entre amour mal exprimé, gorgé de mots orduriers, et haine répétée du corps que la religion s’installa, que la charia gangrena les esprits, voilant intégralement les filles en quête de rébellion, de fugue extrême…
Une grande force cathartique
En creux, les hommes sont partout – brutaux, lâches ou faussement protecteurs –, joués, magnifique idée, par le même acteur (Majd Mastoura). Parmi des séquences plus bouleversantes les unes que les autres, celle où les deux cadettes usent de cet interprète masculin pour se libérer du poids du viol de leur ex-beau-père est si forte que le comédien lui-même demande à la cinéaste de couper la caméra… (Télérama)
Jeudi 30 juillet
Einstein
ChatGPT and Co : forces et faiblesses
Jeudi 30 juillet 2026 à 17h sur
Durée : 52 minutes EN 21-31

ChatGPT, un outil basé sur l'intelligence artificielle, connaît un grand succès et bouscule le monde numérique. Le magazine de SRF « Einstein » mène des expériences dans la rue qui montrent des situations où la technologie impressionne, mais aussi d’autres où elle échoue de manière spectaculaire. (RTS)
Jeunesse (Le Printemps)
Film documentaire long métrage de Wang Bing (Chine, 2024)
Jeudi 30 juillet 2026 à 23h50 sur
Durée : 215 minutes

Fidèle à sa méthode d’immersion au long cours, Wang Bing a filmé, entre 2014 et 2019, les « petites mains » qui travaillent dans les dix-huit mille ateliers de confection de Zhili, un bourg de Huzhou, accumulant deux mille six cents heures (!) de rushes. Il en a tiré une trilogie documentaire au beau titre de Jeunesse, dont voici le premier volet, Le Printemps. Les forçats de l’aiguille suivis par le cinéaste chinois ont parfois moins de 20 ans, ils sont rivés à leur poste treize heures par jour, six jours sur sept, et se résignent à des cadences d’autant plus infernales qu’ils sont payés à la tâche.
Abrutis de fatigue et de bruit (la musique pop ou techno passée non-stop à fond dans les ateliers couvrant à peine le fracas des machines à coudre), ils s’entassent le soir dans des dortoirs à la limite de l’insalubrité, situés deux étages au-dessus. Le film chronique un système économique et social qui se régénère sans cesse, car nombre de ces ouvriers rêvent de fonder leur propre atelier où ils exploiteront, à leur tour, de nouveaux migrants ruraux. De ce témoignage terrifiant émerge pourtant une énergie communicative. Et un film plus enjoué, sinon solaire, que les précédentes œuvres de Wang Bing consacrées aux oubliés de l’histoire chinoise — les victimes des « camps de rééducation » maoïstes dans Fengming ou les malades mentaux dans À la folie. La jeunesse des personnages y est évidemment pour beaucoup. Toujours à la bonne distance, si proche soit-elle, le réalisateur les observe longuement, pendant leurs jeux, leurs blagues, leurs flirts plus ou moins maladroits, et son empathie est peut-être plus forte encore. Comme dans cette scène, superbe, où deux amoureux s’évadent un bref moment de leur atelier pour discuter sur le toit, dissimulés par un drap qui sèche au soleil. (Télérama)
Samedi 1er août
Ernest et Célestine
Voyage en Charabie
Film d'animation long-métrage de Jean-Christophe Roger et Julien Chheng (France, 2022)
Samedi 29 juillet 2026 à 8h55 sur
Durée : 77 minutes

Ernest et Célestine retournent au pays d’Ernest, la Charabie, pour faire réparer son précieux violon cassé. Ils découvrent alors que la musique est bannie dans tout le pays depuis plusieurs années. Pour nos deux héros, il est impensable de vivre sans musique ! Accompagnés de complices, dont un mystérieux justicier masqué, Ernest et Célestine vont tenter de réparer cette injustice afin de ramener la joie au pays des ours. (RTS)
Einstein-Hawking, l'Univers dévoilé
Film documentaire de Michael Lachmann (GB, 2019)
Samedi 1er août 2026 à 20h55 sur
Durée : 2 x 55 minutes SHS 31

Qui n’a jamais entendu parler de la théorie de la relativité d’Einstein ? Qui serait capable d’en décrire les implications en termes simples et, question subsidiaire, l’influence sur les découvertes de Stephen Hawking ? Ne fuyez pas : rien ne paraît plus limpide — et palpitant ! — dans ce documentaire, ambitieuse mise en miroir des travaux des deux physiciens de génie qui ont révolutionné notre compréhension de l’Univers. Fort du savoir-faire de la BBC (qui produit le film) en matière de vulgarisation scientifique, le réalisateur Michael Lachmann déploie d’ingénieuses idées de mise en scène pour expliquer des concepts a priori complexes. Comprendre la théorie de la relativité devient un jeu d’enfant avec un lanceur de balles installé sur un pick-up. Grâce aux images de synthèse s’éclairent le concept d’espace-temps, le comportement des trous noirs et, notamment, le fameux rayonnement de Hawking…
Des chercheurs de premier plan, dont plusieurs Nobel et de proches collaborateurs de Stephen Hawking, commentent la portée de chaque découverte, à l’intersection entre relativité et physique quantique, et leurs plus récents développements. Par leur voix, ce film ponctué d’éléments biographiques et de citations à méditer transmet plus qu’un flot de connaissances vertigineuses : il célèbre l’insatiable curiosité scientifique, ravive l’émotion de la découverte et distille une poésie inattendue. (Télérama)
Dimanche 2 août
Nous, les Européens
Energie : la Norvège peut-elle sauver l'Europe ?
Dimanche 2 août 2026 à 12h sur
Durée : 30 minutes SHS 31

Avec les crises internationales, la guerre au Moyen-Orient, en Ukraine, la vulnérabilité énergétique de l'Europe se confirme. Un pays s'impose comme un acteur clé : la Norvège. Premier fournisseur de gaz de l'Europe aujourd'hui, et premier producteur de pétrole du continent, elle apparaît pour certains comme une véritable bouée de sauvetage. (RTS)
Mardi 4 août
6 jours à Barcelone
Film long métrage de Neus Ballús (Espagne, 2021)
Mardi 4 août 2026 à 23h10 sur
Durée : 81 minutes

Moha, Valero et Pep vivent à Barcelone et travaillent dans une entreprise de plomberie. Moha effectue une période d'essai et doit remplacer Pep, qui va bientôt prendre sa retraite. La semaine passée ensemble ne suffit peut-être pas pour devenir amis. Mais c'est assez de temps pour se rendre compte que c'est ensemble que l'on peut réussir. Un film apprécié en compétition internationale au Locarno Film Festival 2021, couronné d'un double prix d’interprétation masculine à Mohamed Mellali et Valero Escolar. Voici ce que nous en disions à l'époque :
"Un immigré maghrébin a une semaine d’essai pour faire ses preuves dans une petite entreprise familiale de plomberie à Barcelone. Il résiste de tout son flegme à l’hostilité empreinte de racisme que lui témoigne le mari de la patronne. Construit sur une suite d’anecdotes authentiques, le film s’amuse du privilège que s’octroient ces passe-murailles, qui s’immiscent dans la vie des gens le temps de résoudre leurs problèmes de tuyauterie. C’est à l’évidence l’interconnexion complexe de la tuyauterie sociale qui intéresse la cinéaste, qui trouve sans peine les segments encrassés." (RTS-cgs)
Mercredi 5 août
Feu feu feu
Film documentaire long métrage de Pauline Jeanbourquin (Suisse, 2023)
Mercredi 5 août 2026 à 23h35 sur
Durée : 64 minutes

Juliette vient de passer son baccalauréat et veut devenir sage-femme. Sur les réseaux sociaux, "Junniverse" coupe le feu, un don hérité de sa grand-mère. Ce documentaire dessine le portrait tout en nuances d’une "sorcière" moderne, à la fois extraordinaire et normale, interrogeant les défis existentiels qui se posent à sa génération. (RTS)
Jeudi 6 août
Jeunesse (Les Tourments)
Film documentaire long métrage de Wang Bing (Chine, 2024)
Jeudi 6 août 2026 à 23h45 sur
Durée : 230 minutes

Après Jeunesse (Le Printemps) et avant Jeunesse (Le Retour), voici le deuxième volet d’une œuvre documentaire monumentale, consacrée aux travailleurs de l’industrie textile chinoise, obscur empire de la fast-fashion. Wang Bing avait d’abord salué la persistance d’une insouciance dont seuls les jeunes ont le secret. Dans cette partie centrale, très nocturne, les rires se font plus rares. Au milieu d’une conversation avec une collègue qui doit reprendre tous les vêtements qu’elle a montés parce qu’elle n’a pas suivi le modèle, une ouvrière est prise d’une quinte de toux infernale. Même les corps jeunes peuvent craquer, quand ils deviennent aussi mécanisés que les machines sur lesquelles ils sont continuellement penchés. La souffrance se referme sur la masse des travailleurs. À l’écran, le nom de chacun d’entre eux s’inscrit, comme pour lutter contre la déshumanisation en marche. La fuite du directeur des ateliers de confection, après des ennuis avec la police, met ce documentaire sous tension.
Filmer devient un geste de solidarité avec une jeunesse qui s’éveille à peine à la lutte des classes, prise dans un rêve consumériste pour lequel elle est prête à sacrifier ses forces vives. Ici ou là, des visions lucides se dégagent : « À quoi sert l’argent si tu n’as aucun droit ? » s’interroge un homme. Mais « tant qu’il y a du tissu, on continue », dit une ouvrière au cours d’une réunion où l’on ne sait pas très bien si c’est l’union ou le chacun pour soi qui fait la force. Wang Bing n’a pas mené une enquête journalistique. C’est de la condition humaine qu’il se fait l’écho, faisant de son film une réflexion sur notre époque. Tournées il y a quelques années déjà, ces images ont une force sur laquelle le temps n’a pas de prise. Elles font de cette plongée dans le capitalisme à la chinoise une expérience unique. Et donnent une réalité mémorable à ces vies lointaines, à ce cauchemar d’un monde ouvrier où l’on croit voir s’éterniser les esclaves des débuts de l’ère industrielle. (Télérama)
Samedi 8 août
Alhambra, le trésor du dernier sultanat d'Espagne
Film documentaire de Marc Jampolsky (France, 2024)
Samedi 8 août 2026 à 20h55 sur
Durée : 90 minutes SHS 32

Exploration inédite de l’Alhambra, à Grenade, cité palatiale fortifiée embrasée par le soleil andalou, joyau de l’art islamique et témoin de l’ultime royaume musulman en Espagne.
Lorsqu'en 1492 les couronnes d'Aragon et de Castille font tomber le sultanat de Grenade et pénètrent à l'intérieur des dix hectares cernés de muraille de sa forteresse, au sommet de la colline qui domine la ville, les envahisseurs restent muets devant la magnificence du lieu. C'est que l'Alhambra ("Al Hamra", littéralement "la rouge", en arabe, la couleur caractéristique de ses murs), dont les travaux ont débuté en 1238, demeure la plus importante merveille architecturale des sultans nasrides, la dernière dynastie musulmane d’Espagne. Les murs des palais, recouverts de calligraphie arabe, racontent par la voix des vizirs, les Premiers ministres également poètes, huit siècles de splendeurs de l'art islamique. Les jardins, joyaux de verdure au cœur d'une région aride, sont irrigués par un ingénieux système développé au XIIIe siècle, qui continue en partie à fournir aujourd’hui l'eau nécessaire aux nombreuses essences d'arbres fruitiers, plantées pour créer une impression d’éden terrestre. Au cœur de la cité palatiale, la célèbre fontaine aux douze lions, alimentant des canaux qui représentent les quatre fleuves du paradis décrit dans le Coran, apporte la preuve que la figuration, tant qu'elle n'investissait pas le domaine religieux, avait toute sa place dans le monde musulman.
En compagnie d’experts, d’archéologues et de restaurateurs de l'Alhambra, tous passionnés, Marc Jampolsky (Versailles – Le palais retrouvé du Roi-Soleil) révèle le destin aussi exceptionnel que tragique de ce chef-d’œuvre arabo-andalou. Une exploration privilégiée d'un site à la beauté exubérante, prouesse architecturale qui fit de la géométrie une ressource formelle et expressive sans égale. (Arte)
Jeudi 13 août
Jeunesse (Retour au pays)
Film documentaire long métrage de Wang Bing (Chine, 2024)
Jeudi 13 août 2026 à 23h55 sur
Durée : 152 minutes

Wang Bing filme la vie quotidienne de jeunes ouvriers de l'industrie textile dans le quartier de Zhili, près de Shanghai. Troisième et dernier volet : le Nouvel An approche et les ateliers textiles sont quasi déserts. Les quelques ouvriers qui restent peinent à se faire payer avant de partir.
"Les patrons sont des bâtards", lâche l'un d'entre eux, résigné. Des rives du Yangtsé aux montagnes du Yunnan, tout le monde rentre célébrer la nouvelle année dans sa ville natale : le décor vaste de la nature prend le pas sur l'étroitesse des ateliers. Tandis que des mariages se préparent, une nouvelle génération d'ouvriers apprend à la dure le métier sur les machines à coudre… (Arte)