Vendredi 16 octobre 2026
Le Salaire de la peur
Film long métrage de Georges-Henri Clouzot (France/Italie, 1953)
Vendredi 16 octobre 2026 à 21h05 sur
Durée : 150 minutes
De ce film légendaire, on retient toujours la partie thriller, où quatre personnages kamikazes convoient des camions chargés de nitroglycérine. Mais, avant, Clouzot se paie le luxe d’un prologue d’une heure à Las Piedras, village angoissant d’Amérique du Sud où croupissent des épaves de toutes nationalités. Son implacable réalisme noir réside dans ce premier enfer, prison à ciel ouvert et plombé. Même si c’est en Camargue que Clouzot a réussi à créer de toutes pièces une telle atmosphère viciée de bout du monde.
Pour une poignée de dollars, Mario, Jo, Luigi et Bimba acceptent donc la mission suicide proposée par une cynique compagnie pétrolière. Sur la route, Clouzot se délecte de l’inversion des rapports entre Mario (Montand) et Jo (Vanel), son aîné. Plus le caïd se dégonfle, plus le jeunot le maltraite, l’humilie. Un sado-masochisme cher au réalisateur des Diaboliques. En Mario, personnage bestial et complexe, Montand trouvait son premier grand rôle. Face à lui, en vieil animal blessé, Charles Vanel est époustouflant. On pense à Albert Camus, à sa vision de l’homme : un condamné à mort lucide qui trouve dans le défi une raison d’avancer, d’exister. (Télérama)
Le Garçon et le héron
Film long métrage d'animation de Hayao Miyazaki (Japon, 2023)
Vendredi 16 octobre 2026 à 22h25 sur
Durée : 123 minutes
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le jeune Mahito Maki subit une tragédie familiale déchirante. Il doit immédiatement déménager à la campagne, où son père travaille pour une famille d'industriels qui fabrique des avions pour l'armée japonaise. Mahito commence à explorer les paysages mystérieux en toute solitude. Il rencontre un héron cendré qui s'obstine à le suivre et tombe sur une tour abandonnée dans laquelle il pénètre, intrigué. Un monde imaginaire merveilleux et étonnant s'ouvre alors à lui.. (RTS)
Samedi 17 octobre 2026
Byzance, mille ans qui ont changé le monde
Film documentaire de Jacques Plaisant (France, 2026)
Samedi 17 octobre 2026 à 20h55 sur
Durée : 90 minutes SHS 32

Sur les rives du Bosphore, en 324, l’empereur Constantin fait d’un comptoir grec baptisé Byzantion la capitale de son empire. Constantinople est née, elle va rayonner durant un millénaire sur le monde méditerranéen. L’essor du monachisme, les conquêtes de Justinien, la grande peste de 541, la crise iconoclaste du viiie siècle, le sac de Constantinople par les croisés en 1202… Ces événements marquants constituent la trame de ce luxueux documentaire, qui s’attache à retracer l’histoire religieuse, culturelle et artistique de l’Empire byzantin plus qu’à ses enjeux politiques, sociaux ou économiques. (Télérama)
Le Mécano de la "General"
Film long métrage muet de Buster Keaton (USA, 1926)
Samedi 17 octobre 2026 à 00h10 sur
Durée : 80 minutes

La General, c’est le nom de la locomotive que le mécanicien joué par Buster Keaton chérit, comme Jean Gabin dans La Bête humaine (1938). Mais ici, pas de psychologie naturaliste à la Renoir, Keaton se sert du train comme d’un décor à haut potentiel comique et théâtre de cascades ébouriffantes. Pourtant, à 31 ans, en pleine gloire, l’acteur réalisateur semble s’être assagi. Il ne multiplie pas les tours de force, pas de maison qui lui tombe dessus comme dans Cadet d’eau douce, par exemple. Il s’en tient à un lieu quasi unique, le train, pour déployer un scénario linéaire.
Au début de la guerre de Sécession, un mécanicien se voit refuser l’enrôlement, car on le juge plus utile sur les rails. Mais sa dulcinée ne veut pas d’un lâche. Quand des nordistes volent sa locomotive, il fera tout pour la récupérer et sauver sa fiancée embarquée dans l’aventure. Les maladresses du héros ordinaire qui en deviennent sa force, c’est le fil rouge du cinéma de Keaton. Sur le qui-vive, un funambule, un acrobate, un danseur… Toujours en mouvement, il assure toutes les cascades et multiplie les idées de génie. La scène du pont suspendu qui s’effondre reste d’une force visuelle magistrale. Le film surprend par sa beauté plastique et par ses irruptions d’émotion poétique : Keaton assis sur l’essieu du train qui se met lentement en mouvement et le fait danser alors qu’il vient d’être quitté ; le visage de son amoureuse qui s’incruste dans le trou d’une nappe… (Télérama)
Mardi 20 octobre 2026
Olga
Film long métrage d'Elie Grappe (Suisse, 2021)
Mardi 20 octobre 2026 à 22h40 sur
Durée : 85 minutes

2013. Exilée en Suisse, Olga, une gymnaste ukrainienne de 15 ans talentueuse et passionnée, tente de faire sa place au Centre National du Sport. Mais la révolte d’Euromaïdan éclate à Kiev, impliquant soudain ses proches. Alors q'Olga doit s’adapter à sa nouvelle réalité et préparer le Championnat Européen, la révolution ukrainienne pénètre dans sa vie et bouscule tout... (RTS)
Kibboutz Nir Oz, aux portes de Gaza
Film documentaire d’Olga Kravets et Yaël Vidan (France, 2026)
Mardi 20 octobre 2026 à 22h40 sur
Durée : 65 minutes SHS 32

Près d’un quart des habitants du kibboutz Nir Oz, à 2 kilomètres de la bande de Gaza, ont été tués ou enlevés le 7 octobre 2023. Parmi eux, Chaïm Peri, 79 ans, mort dans les tunnels du Hamas en février 2024. Pendant des décennies, il avait filmé ce kibboutz, dont il était l’un des fondateurs et leaders charismatiques. Dans l’abri souterrain de sa maison, la réalisatrice Olga Kravets a retrouvé ses centaines de bobines. Agrémentées d’archives et de témoignages (les enfants de Chaïm Peri, des compagnons kibboutznik, des historiens), elles constituent la matière première de ce film, dans lequel le parcours d’un homme enrichit et éclaire le récit historique.
Fondé sur les terres palestiniennes du hameau d’Al-Ma’in, Nir Oz répondait à la fois à l’idéal collectiviste du kibboutz et à l’impératif de peupler la frontière pour sécuriser le nouveau territoire israélien. Inlassable militant pour la paix et opposé à l’occupation de Gaza, soldat tourmenté, Chaïm Peri incarnait cette ambiguïté : tourné vers la frontière, le kibboutz permettait de surveiller la menace, tout en évaluant des possibilités d’expansion. Son parcours illustre le « destin d’une terre disputée, meurtrie, qui dévore ses habitants » ; le déni durable devant la poudrière voisine nourrie des inégalités ; l’illusion d’une coexistence acceptable.
Généreux et cultivé, Chaï Peri avait restauré la dernière bâtisse debout après l’expulsion des Palestiniens en 1948, et y avait ouvert une galerie d’art. « J’ignore quel sens peut avoir l’art dans la maison d’un réfugié expulsé de chez lui », commente simplement Salman Abu-Sitta, descendant des anciens propriétaires, qui apporte au film une précieuse voix palestinienne. La ligne de vie de Peri, ses idéaux et aussi son aveuglement épousent le dessin d’une impasse qui semble sans cesse se rétrécir. (Télérama)
Yémen, carrefour de toutes les guerres
Film documentaire de Sylvain Lepetit et Miyuki Droz Aramaki (France, 2026)
Mardi 20 octobre 2026 à 23h40 sur
Durée : 55 minutes SHS 32

Voilà un documentaire qui tombe à pic, le président Macron venant d’annoncer l’envoi de moyens militaires pour protéger le terminal d’hydrocarbures saoudien de Yanbou, cible d’attaques des houthistes, mouvement yéménite pro-iranien. Les réalisateurs, spécialistes du Moyen-Orient (Iran, Israël et la bombe ; Casse du siècle au Liban), ont parcouru pendant une dizaine d’années le Yémen, devenu le théâtre de « guerres enchevêtrées ». Les récentes attaques houthistes étendent les conflits jusqu’aux voies maritimes yéménites, perturbant notamment le très stratégique détroit de Bab el-Mandeb, indispensable à l’économie mondiale. Synthétiser plus d’une décennie de guerre en moins d’une heure ne manquait pas d’ambition. En résulte une évocation des multiples affrontements et belligérants, mais aussi de l’impasse géopolitique que représente aujourd’hui le Yémen.
Recourant à un vaste panel d’intervenants (intellectuels, militants, analystes, ancien espion du Mossad…), le documentaire ne perd pas notre attention et vulgarise efficacement l’imbroglio diplomatique du Golfe, responsable — entre autres — de la flambée des prix à la pompe. S’il exige de s’accrocher un peu, Yémen, carrefour de toutes les guerres s’avère particulièrement instructif. (Télérama)
Mercredi 21 octobre 2026
Les docs de "La grande librairie"
Victor Hugo
Film documentaire de Camille Dalbéra (France, 2026)
Mercredi 21 octobre 2026 à 21h05 sur
Durée : 95 minutes

N’a-t-on pas déjà tout dit de la figure ultra célèbre de Victor Hugo (1802-1885) ? En optant pour un récit chronologique classique, ce documentaire, plutôt bien ficelé au demeurant, retrace la longue vie de l’écrivain, poète, père traumatisé par la mort de ses enfants et homme politique qui a parcouru l’échiquier de la droite vers la gauche : d’abord légitimiste et fervent royaliste, puis républicain face aux soubresauts de l’histoire et aux injustices du monde.
Découpé en grands chapitres, le foisonnant récit est rythmé par des spécialistes et des écrivains — Maylis de Kerangal, Valérie Zenatti, Dan Franck — aux analyses précises mais parfois trop psychologisantes. On parcourt bien sûr sa riche vie romanesque et poétique, d’Hernani à Quatrevingt-treize en passant par Les Misérables et Les Contemplations, qui suivent le rythme de ses combats politiques et de ses exils en Belgique puis sur les îles Jersey et Guernesey.
On découvre aussi les nombreuses relations et l’appétit insatiable pour le sexe de cet « homme à femmes ». Ce qui ne manque pas de créer un frémissement chez les intervenants, certains interrogeant la notion de consentement, d’autres évacuant d’un revers de main ce pan de la vie du poète.
Artiste aux multiples facettes, Victor Hugo a aussi beaucoup dessiné et peint. Des œuvres qui témoignent des différentes périodes de sa vie, notamment son combat contre la peine de mort qu’il illustre par des encres d’une profondeur fascinante. En (re)découvrant ce personnage complexe naît l’envie de replonger dans ses œuvres. (Victor Hugo)


Fiche pédagogique e-media