Sélection TV de la semaine

The Artist

Film long métrage de Michel Hazanavicius (France / 2012)

Dimanche 25 juin à 22h55 sur 
  Durée : 100 min 

Un Prix d'interprétation à Cannes, une brassée d'oscars (dont le tiercé gagnant film-réalisateur-acteur): qu'est-ce qui, dans ce pari artistique - un film muet en noir et blanc - a tant plu ? D'abord et avant tout un personnage : George Valentin (Jean Dujardin), star adulée des Années folles. On l'attendait bouffon, forçant sur la grimace et les œillades. C'est tout le contraire. A peine décalé, juste un rien désuet, il apporte une candeur facétieuse, un charme fragile.

La star, donc, fait des pirouettes comme Errol Flynn, porte une moustache à la Douglas Fairbanks. Il ne lui manque que le son. En 1929, c'est pourtant l'essentiel. Malheur à ceux qui rateront le rendez-vous du parlant. C'est à cette espèce disparue, les Mary Pickford, les John Gilbert, les Fatty Arbuckle, que The Artist rend hommage. L'âge d'or de Hollywood comme si vous y étiez. Un drôle d'objet anachronique, rêve de cinéphile, de Chaplin à Welles en passant par Lubitsch, du burlesque au mélo.

Cette déclaration d'amour au cinéma classique raconte aussi un irréversible bouleversement techno logique et artistique. Comme aujourd'hui le passage à la 3D et au tout-numérique. D'une révolution à l'autre, Hazanavicius interroge la notion de modernité. Une scène de cauchemar, peut-être la plus belle, en dit long: le son fait une irruption brève et brutale. Le héros, lui, reste... muet. Désormais exclu, obsolète, réduit au véritable silence : l'oubli. L'angoisse de l'artiste par excellence. (Télérama)

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Du silence et des ombres
 
Film long métrage de Robert Mulligan (USA, 1962)

Lundi 26 juin à 23h20 sur   Durée : 130 min

On parle toujours de ce drame comme d'une belle œuvre antiraciste. Oui, l'histoire de cet avocat dans une cambrousse d'Alabama en 1930 est cela. Pourtant, l'émerveillement qu'elle suscite vient d'ailleurs : Mulligan a tout compris de Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, le superbe roman de Harper Lee, sur la perte de l'innocence.

Atticus, veuf, élève seul son fils, Jem  et sa fille, Scout. Le temps d'un procès, ces deux enfants vont faire l'expérience douloureuse du monde des adultes, qui comporte peu de figures aussi nobles que leur père. Atticus défend, seul contre tous, un ouvrier noir accusé du viol d'une Blanche. Et, à la maison, il plaide pour que Jem et Scout cessent de fantasmer sur Boo, leur voisin invisible qui aime jouer avec les ciseaux...

Pour Mulligan, l'enfance est un voyage initiatique au pays de la peur. Mais un voyage de proximité : derrière la clôture, devant la maison où il faut abattre un chien enragé, vers un arbre où de petits cadeaux sont déposés par une main anonyme. Plus Jem et Scout découvrent la peur, plus l'obscurité et la cruauté stimulent leur courage, et plus on pense à La Nuit du chasseur. Même noir et blanc-soyeux, même atmosphère tendue, même talent des deux jeunes interprètes. Gregory Peck fait d'Atticus un tranquille et imprenable bastion d'humanité. Seul et sans arme dans le halo d'une lampe, il monte la garde. Comme la dernière lueur d'une espérance butée en un monde qui laissera en paix les enfants, les oiseaux et les «Nègres». (Télérama)


 

Ciné Kino
 
1/10 La Belgique

Film documentaire de Laurent Heynemann et Matthias Luthardt (France / 2017)

Mardi 19 juin à 20h10 sur   Durée : 26 min
 

Réalisée à l’occasion des 60 ans du traité de Rome et coproduite par la SSR, la série documentaire CineKino, nous raconte, en dix épisodes de 26 minutes, l’histoire cinématographique de dix pays européens (dont la Suisse). Dix balades dessinées par deux réalisateurs, originaires de part et d'autre du Rhin, qui explorent les liens uniques unissant les cinémas français et allemand depuis plus d'un siècle. Histoires d'amour, d'exil, différences, complémentarités, Babelsberg, Cannes, ne sont que quelques mots-clés qui jalonnent cette expérience narrative d’un nouveau genre...

Plus de 120 ans d’histoire et plus de mille nouvelles productions chaque année !

Le 25 mars, le traité de Rome fêtera ses 60 ans. L’occasion de braquer nos projecteurs sur la richesse et la diversité de la production cinématographique européenne. Nous diffusons, cet été, un cycle de dix documentaires, qui, en raison de leur durée  - 26 minutes par épisode - et de leur rythme très vivant – ne cherchent pas à retracer de manière académique et convenue dix parcours cinématographiques nationaux.

La série s’emploie plutôt à restituer une photographie du cinéma de chaque pays et à mettre en avant ce que le génie de chaque culture a retenu de ses propres chefs-d’œuvre, comme une évidence. Preuve supplémentaire, s’il en était encore besoin, que les peuples européens ont vocation à vivre ensemble dans la diversité de leurs apports respectifs, s’enrichissant mutuellement de quelque 120 années d’histoire cinématographique commune !

Tournés en une multitude de langues, ces films ont su rester universels, ont été vus dans de nombreux pays, ont influencé d’autres cultures et se sont imprégnés d’idées diverses. Constitué de dix chapitres, chaque épisode revient sur les moments forts, les scènes-clés et les trésors du septième art d’un même pays. Un chapitre est consacré à un réalisateur ou une réalisatrice, un autre à la carrière d’un grand acteur, puis à un lieu de tournage célèbre et aux acteurs susceptibles de se transformer en icônes. Les moments forts des cinématographies nationales sont illustrés par un film marquant et un événement majeur.

1/10 : La Belgique

Le cinéma belge, ce sont deux cultures – l’une francophone, l’autre néerlandophone –, aussi riches que différentes. Cet épisode les explore à travers quelques-unes de leurs grandes figures, de Jaco Van Dormael à André Delvaux, considéré comme le père du cinéma belge moderne. Il s’attarde aussi sur de grands succès flamands récents, notamment The loft d’Erik Van Looy (2016) et Alabama Monroe de Felix Van Groeningen (2012), primé à la Berlinale. Côté francophone, ce volet se penche sur l’œuvre des frères Dardenne et celle de Chantal Akerman, avant de revenir sur un classique de la bande dessinée belge, plusieurs fois adapté à l’écran : Tintin. (RTS)

 
 

Ashbal
 
Film documentaire de Thomas Dandois, François-Xavier Tregan (France, 2017) - SHS 32

Mardi 27 juin à 21h50 sur   Durée : 53 min
 

A l'écran, deux enfants dessinent: une piscine, une maison, un drapeau noir... Crayonnages innocents, que contredit la crudité des propos. «On m'a montré où me faire exploser, raconte l'un d'eux d'une voix flûtée. On me disait : "tu retrouveras tes parents au paradis". Aujourd'hui sortis de l'enfer de Daech, Youssef et Moussa racontent leur quotidien d'ex-enfants soldats.

Depuis le début de la guerre en Syrie, de nombreux garçons ont été enrôlés dans des camps d'entraînement, transformés en machines de guerre. Les réalisateurs sont partis en Grèce, en Turquie, pour interroger quelques-uns des exfiltrés du système. Leur film ne prétend pas apporter un éclairage sociologique exhaustif, sur le phénomène. Il s'appuie uniquement sur l'expérience vécue, la parole viscérale d'enfants et d'adultes (anciens de l'El, professeurs, combattant de l'Armée syrienne libre) pour décrire, de l'intérieur, les rouages du conditionnement et, pour certains, le déclic qui conduit à fuir. Tous racontent - à visage couvert- la mainmise de Daech sur leur environnement, la fermeture des écoles, le lavage de cerveau, les séances d'entraînement, les exécutions. «On voyait des gens se faire égorger, on s'en foutait. Le cœur est mort. »

C'est un film de pénombre et de clairs- obscurs, de silhouettes furtives, qui suggère plutôt qu'il ne montre. Les rares images explicites - un extrait de vidéo de propagande montrant un enfant de 4 ans s'apprêtant à exécuter un homme n'en paraissent que plus fortes. D'une grande sobriété, ce document n'est pas pour autant désincarné. Il donne chair à une réalité glaçante: la formation, dans l'ombre, d'une toute nouvelle génération de combattants, prête à prendre la relève. (Télérama)



  
 
Les Apprentis

4/5 : Les risques du métier 
FG33

Film documentaire de Frédéric Florey (Suisse / 2016)

Mercredi 28 juin 2017 à 20h15 sur  Durée : 45 min

L’apprentissage, comme une chrysalide qui mène à la vie active. Une aventure de trois ou quatre ans, très prisée en Suisse, qui a inspiré Les Apprentis, série documentaire de cinq épisodes, coproduite par la RTS. On y brosse les portraits croisés de cinq Romands qui entament cette étape de leur vie avec enthousiasme et détermination. Des montagnes du Pays-d’Enhaut aux collines neuchâteloises, des forêts du Jura à Genève et aux plaines fribourgeoises, nous sommes invités à suivre le parcours passionnant de ces cinq jeunes en formation.
 
Faire face aux difficultés des métiers de la terre, apprendre à manier l’art de la coiffure, répondre aux exigences de son maître forestier, s’initier au travail d’équipe ou faire preuve de patience et d’écoute… Que ce soit en première année ou au fil de son cursus, chaque apprenti est confronté à autant de réussites que d’échecs et, en ligne de mire, il espère achever sa formation avec succès.
 
Plusieurs mois ont été consacrés à organiser des castings un peu partout en Suisse romande. C’est par ce biais-là qu’ont été découverts ces cinq personnages touchants, drôles et émouvants, qui nous initient à leurs univers respectifs : Aurélien Theler, est apprenti assistant socio-éducatif ; Merveille Nguezi, apprentie coiffeuse ; Fanny Götz, apprentie ramoneuse ; Robin Haas, apprenti forestier et Isaline Krieger, apprentie agricultrice.
 
Selon l’âge, entre 37 % et 48 % de la population résidente en Suisse a fait un apprentissage. Deux tiers des jeunes choisissent cette filière et la préfèrent à une carrière universitaire. L’apprentissage est une spécificité suisse, très enviée à l’étranger. Grâce à ces formations in vivo, le chômage des jeunes reste très faible. (RTS)

 
Les deux derniers épisodes
 
4/5 : Du cœur à l’ouvrage   Diffusion 28 juin
Retour aux affaires pour nos cinq apprentis ! Au menu: examens de fin d'année avec peut-être l'obtention du CFC en ligne de mire…
 
5/5 : A la croisée des chemins  Diffusion 5 juillet
Examens ou CFC, ils espèrent tous terminer leur année avec succès, imaginent de nouveaux horizons, leurs rêves sont à portée de main. (RTS)
 

 

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