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Sélection TV

Taxi Téhéran

Film long métrage de Jafar Panahi (Iran, 2015) 

Mercredi 14 février à 20h55 sur  Durée : 80 min

Ce taxi-là roule sans permis. C’est un plateau de cinéma monté sur roues, le véhicule d’un insoumis. Combien d’interdits l’iranien Jafar Panahi (Le Cercle, Le Ballon blanc) brave-t-il en prenant lui-même le volant ? En installant une petite caméra dans l’habitacle ? Depuis 2010, pour avoir osé contester la réélection frauduleuse de Mahmoud Ahmadinejad, le cinéaste n’a pratiquement plus aucun droit : ni parler en public, ni quitter le pays. Et surtout ni exercer son métier. Et pourtant, il tourne. Taxi Téhéran est une œuvre «illégale». Dans les rues bruyantes de Téhéran, Jafar Panahi ouvre ses portières à toute la société iranienne.

 Polémiques, négociations, témoignages, embrouilles, et même crises de panique : la voiture vibre comme une formidable caisse de résonance politique. Mais ce dispositif, façon agora itinérante, est aussi une virée introspective. Sous ses allures de savoureux conte persan - une sarabande de rencontres souvent drôles, parfois terribles ou poétiques, tel ce duo de vieilles dames superstitieuses et leur poisson rouge -, Taxi Téhéran est un autoportrait de l’artiste au volant.

La forme même est à la fois ambiguë et révélatrice : fausses tranches de réalité volées en caméra cachée, vraies scènes de fiction. Une zone floue, à la lisière du documentaire, que le réalisateur aime occuper dans ses films. Ici, beaucoup de passagers interprètent leur propre rôle. Mais, à travers chaque personnage, c’est sa propre place de cinéaste, de témoin et de créateur que questionne l’homme qui conduit le film.  (Télérama)

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The Imitation Game


Film long métrage de Morten Tyldum (USA, 2014)

Lundi 19 février 2018 à 20h40 sur   Durée : 110 min
FG 31

La machine s’appelait Enigma : permettant d’envoyer des messages cryptés, elle fut l’arme de l’Allemagne nazie pour diriger ses opérations militaires. L’homme s’appelait Alan Turing (1912-1954) : engagé pour briser le code des transmissions allemandes, ce mathématicien britannique fut un héros de l’ombre au service de son pays, avant d’être lui-même brisé. Condamné en 1952 pour homosexualité, il se suicida.

Le scénario oscarisé d’Imitation Game nous fait ainsi passer de la recherche d’un code secret, visant à mettre en échec Enigma sur fond de tensions dramatiques face à l’avancée de l’armée allemande, à la découverte d’un homme, lui-même très secret. A travers le portrait de ce génie asocial, capable de dialoguer avec les mécanismes les plus complexes, mais pas du tout fait pour les relations humaines, une hypothèse forte s’affirme : l’homme qui vainquit une machine en était une lui-même.

L’interprétation de Benedict Cumberbatch se révèle alors décisive : l’acteur parvient à exprimer l’efficience presque robotisée de Turing mais aussi sa solitude, sa souffrance. Il nous donne à comprendre cet être à part, homme du futur ouvrant la voie aux nouvelles technologies, sacrifié au nom de lois héritées d’un passé archaïque. En 2009, le Premier ministre Gordon Brown présenta des excuses au nom du gouvernement britannique pour la manière dont Alan Turing fut traité. En 2013, la reine lui exprima un pardon posthume. En 2015, c’est un grand acteur qui, en l’incarnant, lui a rendu hommage. (Télérama)

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Trafic d'enfants au cœur de l'Europe

Film documentaire de Sylvia Nagel (Allemagne, 2017)

Mardi 20 février à 22h30 sur Durée : 55 min SHS 32

 Le trafic d'enfants est un marché lucratif qui, avec les drogues et les armes, représente l'une des activités les plus prisées des réseaux criminels en Europe. Pour la plupart originaires d'Europe de l'Est ou d'Afrique, mais parfois également de France ou d'Allemagne, filles et garçons sont vendus comme esclaves domestiques ou sexuels, ou encore mis à la rue pour mendier ou faire les poches des passants. Mais d'où vient la demande ? Qui sont les trafiquants ? Comment les réseaux s'organisent-ils, et pourquoi ce sujet reste-t-il relativement tabou dans les prises de parole politiques ? Sylvia Nagel mène l'enquête, à la rencontre en France et en Allemagne d'anciennes victimes comme de policiers et de défenseurs des droits humains qui luttent pour démanteler ces réseaux criminels. (Télérama)




Ondes de choc (1/4)

La Vallée


Téléfilm de Jean-Stéphane Bron (Suisse, 2018)

Mercredi 21 février 2018 à 20h15 sur  Durée : 50 min  FG 31




Ursula Meier, Lionel Baier, Jean-Stéphane Bron et Frédéric Mermoud se sont inspirés d'affaires criminelles qui ont marqué notre pays pour réaliser quatre films de télévision réunis dans une même collection : Ondes de choc. Les quatre films traitent de manière fictionnelle quatre faits divers survenus entre les années 1980 et 2010 en Suisse romande. Drames familiaux, tueurs en série, bavures policières et dérives sectaires : des affaires criminelles qui ont défrayé la chronique et dont s’emparent les cinéastes de Bande à Part pour imaginer la résonance et mettre en scène les conséquences. Que se passe-t-il pendant les minutes ou les jours qui suivent la perpétration d’un tel acte ?

La Vallée

Riyad et son ami Zaïd quittent leur cité de la banlieue de Lyon, pour un raid en Suisse. Ils doivent voler deux grosses cylindrées pour le compte de Chérif, un caïd du quartier. Mais l’expédition tourne mal. Pris en chasse, Riyad s’enfonce dans la montagne pour échapper à la police. La traque continue au cœur d’une vallée perdue, hostile, dans laquelle Riyad cherche désespérément le chemin vers la France.

Note du réalisateur

"Inspirée du fait divers que la presse romande a baptisé « le drame de l’A1 », c’est l’histoire d’une traque, d’un gamin pris dans un engrenage, avec l’idée de faire un film qui dérive comme son personnage. Le rôle de Riyad est interprété par Ilies Kadri. Dans la vie, Ilies est le matricule 17690 41146 de la 3e section de la 4e compagnie du 13e bataillon des chasseurs alpins. Soldat dans l’armée française, il a répondu à une annonce de casting qu’un ami de son quartier lui a fait parvenir sur Facebook. Depuis deux mois nous écumions la banlieue lyonnaise. Avec Alice Winocour, la scénariste, nous avions écrit : « Séquence 1, intérieur nuit : Cité de Terraillon. Dans sa chambre, Riyad noue méticuleusement les lacets de ses baskets neuves. Son visage fermé semble à peine sortir des rondeurs de l’enfance. » Pour se présenter, Ilies m’a envoyé une photo de lui en tenue militaire. Il était le personnage au-delà de ce que je pouvais imaginer". (RTS)



Les Adieux à la reine


Film  long métrage de Benoit Jacquot (France, 2012)

Mercredi 21 février 2018 à 20h55 sur Durée : 90 min  FG 31


Il se passait toujours quelque chose au château de Versailles, c’est ce que montre avec brio Benoit Jacquot. Les quatre premiers jours de la Révolution y sont vus par les yeux d’une jeune lectrice de la reine, Sidonie Laborde. Pagaille, effroi, fuites avortées et trahisons en tout genre : un monde clos pressent sa propre fin, comme sur le Titanic. Libre au spectateur de voir ou non dans ce inonde qui s’écroule un clin d’œil à nos temps troublés. Mais il est licite de comparer la position de l’héroïne, fascinée par la reine qu’elle sert avec ardeur, à celle, très contemporaine,  d’une fan vivant le rêve de côtoyer son idole.

 Sur le visage de l’excellente Léa Seydoux se lisent émerveillement et effroi, inquiétude et curiosité. Il s’agit en fait d'une éducation sentimentale en accéléré, comme si le chaos politique entraînait un dérèglement généralisé des sens. Le talent du cinéaste est de donner à cet itinéraire sacrificiel une savoureuse logique de cauchemar : ballottée d’un bout à l’autre de Versailles, son héroïne arpente des couloirs sans fin, trébuche, se relève. Elle est une Alice aimantée et persécutée par sa reine de cœur... En un plan-séquence virtuose, une nuit blanche peut devenir un bal des spectres. (Télérama)



  Fiche pédagogique e-media


CineKino

(5/10) Grande-Bretagne (6/10) Tchéquie et Slovaquie


Série documentaire de Matthias Luthardt (France/Allemagne, 2017)

Mercredi 21 février 2018 à 22h25 sur  Durée : 2 x 30 min


 Cent vingt ans de cinéma européen passés à la moulinette, ou comment, en dix étapes forcément anecdotiques (une date, un chiffre, une comédienne, une scène érotique...), faire le portrait-robot d’un cinéma national. Pour le Royaume-Uni, passage obligé par James Bond et les Monty Python. Plus intéressant : une salle emblématique comme le Royal Albert Hall, à travers les deux versions hitchcockiennes de L'Homme qui en savait trop, et la fameuse scène finale avec cymbales et coups de feu... Et un retour historique avec extraits insolites sur l'arrivée de la chaîne Channel 4 en 1982, vrai tremplin, en pleine ère Thatcher, d’un renouveau avec Stephen Frears, Ken Loach, Peter Greenaway...

Le second volet, sur le cinéma tchèque et slovaque, est beaucoup plus riche, et présente des films moins connus du grand public. Comme ce Miroir aux alouettes, de Jân Kadâr et Elmar Klos, qui reçut, quand même, l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1966 ! La politique s’invite dans presque chaque rubrique, avec Milos Forman qui représente la nouvelle vague tchèque (Les Amours d’une blonde) et l’actrice Magda Vâsâryovâ, star du cinéma d’auteur qui fut mise à l’index après avoir joué dans Les Oiseaux, les orphelins et les fous, film interdit car jugé trop subversif après l’entrée des chars dans Prague. On finit avec la scène érotique tirée du film Extase (Gustav Machaty, 1933), dans lequel la future Hedy Lamarr fut la première actrice à simuler un orgasme sur grand écran. (Télérama)



Envoyé spécial

Le village sans parents

Jeudi 22 février à 20h55 sur   Durée : 120 min  FG 37

Florin, 8 ans, grandit dans la campagne moldave aux côtés de ses grands-parents. Dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie, ses parents sont partis travailler à 2000 kilomètres de là, en Italie, il y a quatre ans. Comme ce petit garçon aux grands yeux bleus expressifs, des milliers d’enfants nés dans des régions sinistrées de l’est de l’Europe ont dû apprendre à vivre sans un de leurs parents (et parfois les deux). Pour certains, comme Florin, le manque est un peu soulagé par les contacts téléphoniques réguliers, des retrouvailles lors des vacances scolaires. Pour d’autres, l’exil parental a pris la tournure amère de l’abandon. Daniela, 16 ans, et ses deux frères ont été recueillis dans un orphelinat après le départ de leurs parents. En huit ans, l’adolescente se souvient avoir reçu trois cadeaux de leur part. En Roumanie, en 2006, le suicide très médiatisé d’un garçon de 10 ans privé de sa mère a révélé la tragédie de ces enfants d’exilés, condamnés à l’attente.

Touchant sans être tire-larmes, le reportage montre le travail d’une ONG au¬jourd’hui mobilisée pour apprendre aux adolescents «sans modèle» à développer leur autonomie. Mais, au-delà de ces initiatives pragmatiques, cette enquête pose avec acuité la question de l’avenir de toute une jeunesse sans horizon et de régions entières, moribondes et oubliées de l’Union européenne. (Télérama)


Toute une vie

Léonard Gianadda


Jeudi 22 février 2018 à 23h10 sur    Durée : 45 min  A34 AV

Il est le seul Suisse admis au sein de l’Académie des Beaux-Arts. « Faire de sa vie quelque chose de grand », voilà la devise de Léonard Gianadda, tour à tour reporter, photographe, ingénieur, galeriste, collectionneur, mécène. Grâce à sa Fondation, Martigny rayonne dans le monde entier. Léonard Gianadda, revient, en archives, sur son incroyable parcours, dans « Toute une vie. A 83 ans, il évoque aussi ses nombreux projets.

Au collège de Saint-Maurice où Leonard Gianadda a étudié, un enseignant écrivait à son propos sur le carnet : « Il peut et doit faire de sa vie quelque chose de grand et de beau. Sa place est dans les sommets ». Quelques décennies plus tard, son ami le photographe Marcel Imsand l’évoquait ainsi : « C’est une montagne de générosité et de fragilité ».

Alors qu’il s’apprête à fêter les 40 ans de sa fondation et son dix-millionième visiteur, ce petit fils d’un réfugié économique italien ravive les souvenirs marquants de sa jeunesse. Son premier voyage à Rome en 1950 qui lui a donné le goût de l’art. Son voyage de noces durant lequel il a parcouru avec son épouse 60'000 km en trois mois, visité 28 pays et rédigé des articles pour Le Nouvelliste ! Le bâtisseur et entrepreneur se rappelle aussi de son rôle de correspondant pour le Valais auprès de la télévision suisse, en 1957. Il évoque également l’épreuve terrible et le chagrin immense qu’il a fallu surmonter et sublimer : la mort de son frère Pierre,  en 1976. Léonard décide alors de créer une fondation qui perpétuera son souvenir…

Acteur culturel majeur de notre pays, Gianadda est reconnu, célébré et décoré dans le monde entier. Qu’est-ce qui le pousse à continuer à bâtir, entreprendre, élaborer des projets ? « Je suis mu par l’envie de faire plaisir », répond-il en toute simplicité. (RTS)




Mia Madre

Film long métrage de Nanni Moretti (Italie, 2014)

Jeudi 22 février 2018 à 23h55 sur Durée : 102 min  FG 31


Mettre en scène, pour Moretti, a longtemps été se mettre en scène : il fut un pionnier de l’autofiction cinématographique dès le milieu des années 1970. Avec Mia madre, il revient aux sources tout en effectuant un pas de côté. Ce n’est plus lui-même qui joue l’obsessionnel irascible, mais un alter ego féminin, une réalisatrice en proie au stress et au doute, en plein tournage d’un film politique. Sutout, sa mère est à l’hôpital et ses jours sont comptés…
 
Mia madre passe facilement du rire aux larmes, en s’attachant au désarroi de cette femme forte mais submergée. Le film est un continuel mouvement de va-et-vient entre divers lieux (l’hôpital, le plateau de cinéma, l’appartement de la mère…), entre divers états, de la solitude au soutien. Dans les échanges, proches ou à distance, pleins ou lacunaires, entre la fille (Margherita Buy, à fleur de peau) et sa mère (Giulia Lazzarini, grande dame du théâtre italien), Nanni Moretti parvient à témoigner de choses très personnelles, avec le souci constant de les rendre universelles. Il réussit ce tour de force de fondre l’émotion la plus vive avec une simplicité des plus harmonieuses. (Télérama)

  Fiche pédagogique e-media 




Profs en territoires perdus de la République ?

Film documentaire de Georges Benayoun (France, 2015)

Vendredi 23 février à 00h15  sur   Durée : 74 min
  SHS 31

En 2002 était publié Les Territoires perdus de la république, coécrit par plusieurs enseignants. Jugé polémique, réactionnaire, par certains, l'essai pointait une montée de la violence et de l'intolérance dans les lycées de zones dites « sensibles ». Alors que les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Casher — ou, plutôt, leurs suites — ont révélé des fractures au sein de l'institution scolaire, ce film interroge le rôle de l'enseignement, la transmission des valeurs de la République.

S'il part du livre, Georges Benayoun s'en affranchit vite, pour laisser place à l'expérience de dix profs de Noisy-le-Sec, Meaux ou Saint-Denis, qui évoquent les difficultés de leur métier. Dérangeants, mais nuancés, leurs témoignages révèlent le malaise de certains élèves — notamment de confession musulmane — qui, faute de se sentir intégrés à la République, en refusent les valeurs. Un sentiment d'abandon qui s'exprime par du sexisme, de l'antisémitisme, un repli sur la religion, une incompréhension des valeurs laïques, souvent réduites à des interdictions, une remise en cause de l'appartenance à la citoyenneté française. En contrechamp interviennent des spécialistes. On tique devant certaines formulations à l'emporte-pièce de l'historien Georges Bensoussan (à l'origine du livre), ou de sociologues qui donnent le sentiment de généraliser. Mais la parole de terrain des profs traduit, sans stigmatiser, la complexité de la situation d'élèves en souffrance, et le désarroi d'une école à qui l'on demande de pallier les dysfonctionnements de la société. (Télérama)


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