TV : émissions recommandées

Eyes Wide Shut

Film long métrage de Stanley Kubrick (USA, 1999)
Le 21.8.2016 à 20h55 sur Durée: 155 minutes

 L'été précédent, Alice a failli se laisser séduire par un bel inconnu. Cet aveu souriant foudroie Bill, son mari. Le règlement de comptes pointe. Grande scène où Kubrick se délecte à montrer comment chaque phrase défait le couple. C'est aussi le déclic : le temps d'une nuit, Bill a l'occasion d'assouvir ses fantasmes, mais va se confronter à ses peurs enfouies. Ainsi dans la scène d'orgie, point d'orgue de son errance, Bill n'agit pas, il subit, maladroit, comme dans un mauvais rêve.

C'est ce qui a captivé Kubrick dans la nouvelle de Schnitzler (fidèlement adaptée) : la confusion mentale de cet homme aux certitudes si lisses, empêtré dans ses élans inachevés. Dans les décors plus vrais que vrais d'un New York de studio, le cinéaste invente un monde peuplé d'êtres grotesques ou insaisissables, et sa maîtrise formelle est décisive : c'est de la mise en scène, et d'elle seule, que naît l'impression de vertige. Sur le couple, son intimité, ses non-dits, Kubrick n'avait pas de vérités saisissantes à révéler. La morale de l'histoire, telle que Bill et Alice se la confectionnent, est modeste. Et presque superflue au regard des abîmes que Bill a côtoyés, marionnette manipulée par Kubrick avec une précision diabolique. (Télérama)


Le Corbeau

Film long métrage de Henri-Georges Clouzot (France, 1943)

Le 21.8.2016 à 23h40 sur Durée: 93 minutes

Il pleut des lettres anonymes sur Saint-Robin, « un petit village ici ou ailleurs », et, comme le dit le narquois Dr Vorzet : « Quand ces saloperies se déclarent, on ne sait pas où elles s'arrêtent... » Tourné en 1943 à la Continental, dirigée par l'occupant allemand, ce deuxième film de Clouzot fut honni de tous. Cette foire délétère à la délation ne pouvait que déplaire aux résistants et fut condamnée à la Libération. Très loin de célébrer le travail, la famille et la patrie, elle n'avait pas été non plus du goût de Vichy.

Clouzot, trop misanthrope pour être propagandiste, ne fait qu'explorer la noirceur de l'âme humaine, noir encrier, noir corbillard, avec quelques zones de lumière. Comme dans la grande scène expressionniste où le balancement d'une ampoule illustre la notion relative et alternative du bien et du mal. Les lettres anonymes lui servent d'alibi pour traiter d'avortement, de drogue et d'adultère, avec une liberté incroyable pour l'époque.

Et quels sont les seuls personnages sauvés, dans ce chef-d'oeuvre de méchanceté ? Une infirme aux moeurs légères (Ginette Leclerc, vulgaire à coeur) et un type fâché avec la vie (Pierre Fresnay, superbe), qu'elle réussit à ébranler en le traitant de « bourgeois ». Pour Clouzot, la pire insulte qui soit. (Télérama)


L'Incompris

Film long métrage de Stanley Kubrick (USA, 1999)

Le 22.8.2016 à 20h55 sur Durée: 100 minutes

Consul d'Angleterre à Florence, père de deux enfants, John Edward Duncombe perd sa femme. Il annonce ce décès à son fils aîné, lui demandant de garder le secret et de faire croire à son frère que leur mère est en voyage. Au lieu d'écouter sagement son père, Andrea regarde les avions par la fenêtre. Duncombe le croit indifférent et insensible. Mais Andrea est le roi de l'intériorisation...

A la sortie du film, Luigi Comencini est en disgrâce. La critique descend en flammes ce mélodrame, qu'elle trouve creux et sentimentaliste. Les principaux reproches s'adressent à son traitement trop lisse de l'image et à l'exploitation facile du pouvoir émotif de l'enfance. Quel mal y a-t-il ? Le cinéaste ne s'attarde dans les couloirs luxueux de la demeure consulaire que pour dénoncer la froideur clinquante d'un palais du malheur, où l'émotion n'a pas droit de cité. Jamais il ne transforme le jeune héros en guimauve geignarde. Au contraire, il encense sa force intuitive : Andrea sait que sa mère est morte, avant de l'entendre de la bouche de son géniteur. En témoignent ces fleurs éparses dans un escalier mortuaire.

L'adulte est réduit ici à une ridicule marionnette, fière de son costume social, comme beaucoup des personnages « mûrs » de Comencini, dont toute la filmographie tournera ensuite autour du thème de l'enfance. Aujourd'hui, L'Incompris reste sans doute la tragédie cinématographique qui a fait le plus pleurer depuis Le Kid, de Chaplin. (Télérama)


Le Cercle rouge

Film long métrage de Jean-Pierre Melville (France, 1970)

Le 22.8.2016 à 21h00 sur Durée: 140 minutes

Deux truands et un tireur d'élite devenu alcoolique organisent le casse d'une joaillerie parisienne. Ils réussissent. Le commissaire Mattei, chargé de l’affaire, est un homme obstiné.La sombre fatalité, la solitude et la mort selon Melville. Un polar dense, une authentique tragédie au climat intense servie par des comédiens remarquables.

Melville donne à son avant-dernier film un titre et un sens issus d’une citation bouddhiste : « Quand les hommes, même s’ils s’ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d’entre eux, et ils peuvent suivre des chemins divergents ; au jour dit, inexorablement, ils seront réunis dans le cercle rouge ».

Deux truands se croisent : l'un, Corey, sort de la prison des Beaumettes à Marseille ; l'autre, Vogel, s'est évadé. Considéré comme un ennemi public, il a faussé compagnie au commissaire Mattei lors d'un transfert Marseille-Paris. Le flic consciencieux en fait désormais une affaire personnelle. Corey a dans la tête un fameux coup, le casse d’une bijouterie, fourni par un de ses gardiens. C'est en roulant vers Paris qu'il sauve la mise à Vogel en le sortant des griffes d’un contrôle routier. Dès lors, les deux hommes vont préparer le casse de la bijouterie de la Place Vendôme avec la complicité de Jansen, un ex-policier radié pour alcoolisme, un tireur d'élite. Leur affaire réussit parfaitement mais la difficulté est dans l'écoulement de la marchandise. Les bijoux représentent une somme énorme, les receleurs se défilent, le coup est trop gros. Quand Corey conclut enfin un accord avec l'un d'eux, il ignore que Mattei a déjà mis en place une stratégie impitoyable pour l'attirer dans un guet-apens... (RTS)


Les Jeux d'Hitler

Film documentaire de Jérôme Prieur (France, 2016) - SHS 32
Le 23.8.2016 à 20h55 sur Durée: 85 minutes

 Pendant les quinze jours qu'ont duré les Jeux olympiques de Berlin, en 1936, l'Allemagne nazie a tout fait pour présenter au monde l'image d'un pays raffiné et pacifique. Aujourd'hui, le triomphe de l'athlète noir Jesse Owens, qui a remporté quatre médailles d'or, semble consacrer la victoire du sport et de l'idéal olympique sur la politique. Mais cette histoire n'est qu'un arrangement avec la réalité. Les Jeux de Berlin furent l'instrument décisif de la prise de contrôle de la société par le parti national-socialiste, offrant en même temps une vitrine grandiose pour la reconnaissance internationale de l'Allemagne nazie. (Télérama)



Un vrai Américain : Joe McCarthy

Film documentaire de Lutz Hachmeister (USA, 2011)

Le 24.8.2016 à 00h25 sur Durée: 89 minutes

Comment un fils de paysan du Wisconsin est devenu le chantre de l'éradication du communisme au début de la guerre froide et, à ce titre, l'un des hommes politiques les plus redoutés des Etats-Unis, avant de sombrer dans l'oubli et l'alcool. L'ascension et la chute, tout aussi spectaculaire, de Joseph McCarthy (1908-1957), sont le fil conducteur de ce « biopic » documentaire fouillé, riche en témoins de prestige — dont l'ancien secrétaire d'Etat Henry Kissinger, plus langue de vipère que jamais...

Le film est très réussi dans sa description du « système » McCarthy : son utilisation efficace du mensonge (sur le mode « plus c'est gros, plus ça passe ») et son habileté à se mettre les médias dans la poche. Jusqu'à ce que, enivré de sa propre gloire, le sénateur du Wisconsin précipite lui-même sa déchéance en s'attaquant à deux institutions beaucoup trop grosses pour lui : la CIA et l'armée.

On est beaucoup moins convaincu, en revanche, par le choix de raconter cette histoire très américaine par le biais du docu-fiction. Les images d'archives sur le sujet ne manquent pourtant pas : McCarthy a été l'un des hommes politiques les plus filmés de son temps, et les audiences du « sous-comité sénatorial d'enquête permanent » qu'il présidait étaient suivies en direct à la télévision par des millions d'Américains. Les scènes reconstituées avec des comédiens paraissent bien fades au regard de ces documents historiques en noir et blanc, où l'on voit le « chasseur de rouges » harceler les présumés coupables, puis, quelques années plus tard, se faire clouer le bec par un avocat au verbe cinglant. (Télérama)



L'Oreille des kids

Les arbres caducs
Le 24.8.2016 à 10h54 sur Durée: 10 minutes


Baisers cachés

Téléfilm de Didier Bivel (France, 2016)

Le 24.8.2016 à 20h10 sur Durée: 90 minutes

L’ignorance, les préjugés, le désarroi et la solitude, le rejet, la violence et le désespoir : telles sont les épreuves que traversent bien des adolescents et adolescentes, confrontés à leur homosexualité. Sensible, didactique, ce téléfilm pose les bonnes questions, place les situations avec justesse.
 

Nathan, 16 ans, commence sa classe de seconde dans un nouveau lycée de province. Il vit seul avec son père, Stéphane, policier, un veuf chaleureux et attentif à leur vie de famille. Ils sont proches et complices. Un soir de fête, Nathan est attiré par un garçon de sa classe, qui l‘entraîne à l’écart. Ils s’embrassent, mais ils sont surpris par un intrus qui les photographie. Le lendemain, la photo, postée sur les réseaux sociaux, circule dans tout le lycée. Seul apparaît le visage de Nathan. Il devient sujet de brimades et de moqueries. Puis de violence. Pour protéger le garçon, dont il est tombé amoureux et que tous veulent « démasquer », il se tait. Certains professeurs, conscients de l’épreuve que traverse Nathan, veulent organiser des discussions autour de l’homosexualité et de l’homophobie qu’elle provoque. Craignant la réaction des parents, la direction, catégorique, refuse que le sujet soit abordé en classe. Nathan s’enferme dans sa solitude, d’autant que son père, désemparé par la nouvelle, s’éloigne de lui. Stéphane se croyait un père ouvert et large d’esprit, il se découvre prisonnier des préjugés. Au bout d’un certain temps,  il réagit, et décide d’épauler son fils.

La situation s’aggrave lorsque le compagnon de Nathan, honteux et vivant dans un milieu très homophobe, décide d’en finir, suite aux méthodes musclées de son père auquel il a décidé de se confier. Après avoir nié. Mis en quarantaine dans sa propre famille, le jeune homme disparaît... (RTS)

Infrarouge

Homosexualité : taboue jusqu’à quand ?
Le 24.8.2016 à 21h40 sur Durée: 55 minutes

 Des partenaires de même sexe qui s’embrassent dans la rue : la scène pourrait être anodine, or elle demeure encore souvent taboue. L’homosexualité dérange. Elle est encore souvent stigmatisée et la question est particulièrement sensible à l’adolescence. Comment expliquer qu’au 21e siècle, alors que le droit et les mentalités ont évolué, les homosexuels soient encore si nombreux à devoir se cacher ? Pour en débattre, la RTS vous propose un téléfilm et un débat. Baisers cachés, dont l’acteur principal Patrick Timsit sera l'invité, évoque les préjugés, le désarroi, le rejet et la violence. Des épreuves que traversent bien des adolescents et adolescentes, confrontés à leur homosexualité. Infrarouge ouvrira ensuite le débat avec de nombreux témoignages et spécialistes du dossier. Une soirée spéciale présentée par Romaine Morard qui fait son entrée comme présentatrice et productrice à Infrarouge. (RTS)


Temps présent

Etats-Unis, le pays qui arme ses enfants
Le 25.8.2016 à 20h10 sur Durée: 60 minutes

 Il n’est pas rare qu’un petit Américain reçoive un pistolet ou une carabine pour Noël. Ces armes s’achètent sans problème dans les supermarchés. Or, les drames se multiplient et frappent la jeunesse américaine. Malgré l'émoi suscité, toutes les tentatives pour limiter la vente et le port d'armes ont échoué.

Le puissant lobby des armes encourage les citoyens à s'armer chaque jour davantage. Antony a offert une carabine à sa fille pour ses trois ans. La petite Dalia prend des cours de tir, comme beaucoup d’enfants aux Etats-Unis. « Je ne vois pas où est le problème », dit le pharmacien.

Selon lui, ainsi que la très puissante « National Rifle Association » (NRA), qui se présente comme la plus ancienne organisation de protection des droits civiques, apprendre aux enfants à se servir d’une arme permet d’éviter les accidents.

Et pourtant, un enfant se blesse avec une arme à feu toutes les trente minutes. Chaque année, c’est plus de 18'000 enfants et adolescents qui sont tués par balle. Les fusillades, qui font la une des médias, tiennent une place importante dans ce bilan, mais on ne compte plus les accidents domestiques occasionnés par les armes à feu. Malgré ces données affolantes, l’opinion américaine reste convaincue que posséder une arme est un gage de sécurité.
 
Face à la multiplication des accidents, des associations s’opposent au deuxième amendement qui garantit à tout citoyen le droit de porter une arme pour assurer sa défense. Elles se mobilisent, multiplient les campagnes de prévention, militent pour un meilleur contrôle des acheteurs. En vain.

En 2013, la réforme de Barack Obama sur le contrôle des armes a été censurée par le Congrès. Bilan : plus de 300 millions d'armes à feu circulent aujourd’hui aux Etats-Unis, soit une par habitant. Avec sept milliards de chiffre d’affaires, le marché des armes à feu n’a jamais été aussi florissant. Et le deuxième amendement reste intouchable. (RTS)


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