TV : émissions recommandées

Semaine du 28 mai au 3 juin

 

Histoire vivante

Iran: chronique d'une année décisive
Film documentaire de Vincent de Cointet et Antoine Mariotti (France, 2016)
Le 29.5.2016 à 20h40 sur Durée: 52 minutes
Avec la fin des sanctions contre l’Iran, c’est un marché de 80 millions d’habitants qui s’ouvre aux entreprises du monde entier, soucieuses d’obtenir leur part du gâteau. Mais, l’accord sur le programme nucléaire iranien ne fait pas l’unanimité au pays des mollahs. Beaucoup redoutent le retour du Grand Satan américain.

Un McDonald's à Téhéran. L'annonce du géant du fast-food, incarnation du Grand Satan américain, peut paraître anecdotique mais elle est ô combien symbolique, au lendemain de l'accord signé le 14 juillet entre l'Iran et le groupe des 5+1 (les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU + l’Allemagne).

Grâce à cet accord, négocié depuis douze ans, l’Iran fait son grand retour sur la scène internationale, avec la bénédiction et le concours actif des Etats-Unis.

Il s’agit donc bien d’une nouvelle page des relations internationales qui s’ouvre devant nous, aux conséquences immenses. Mais, un accord ne signifie pas son succès. De puissantes forces en Iran et à l’étranger y sont toujours résolument hostiles.

C’est ce combat que ce film a pour ambition de raconter afin de pouvoir montrer et analyser, au plus près de ses acteurs, les ondes de chocs politiques, diplomatiques et économiques de cet accord historique.

Quels sont les premiers effets de cet accord, sur le terrain ? Quelles sont les forces qui conspirent pour le faire échouer qui œuvrent pour le faire réussir ? Industriels européens, parlementaires américains, membres de l’administration Rohani, Gardiens de la révolution reconvertis en entrepreneurs, nous sommes au plus près des protagonistes qui soutiennent et combattent cet accord… (RTS)


Millions Can Walk

Film documentaire de Christoph Schaub et Kamal Musale (Suisse, 2014)
Le 29.5.2016 à 22h40 sur Durée: 89 minutes
Des dizaines de milliers d’Indiens et d’Indiennes, les plus pauvres de la société – intouchables, aborigènes, sans-terre, travailleurs forcés – femmes, hommes, enfants – participent tous à la longue marche pour la justice qui les mène à travers l’Inde. Ce film montre cette marche de protestation sous toutes ses facettes et plonge dans la dure réalité quotidienne des villageois et paysans.

Ils sont cent mille en marche, paysans sans terre et adivasi – les aborigènes de l’Inde – tous en marche. A pied sur les routes poussiéreuses, sur la « National Highway », à travers villes et villages, en marche. L’extraction massive des richesses du sol, l’apparition d’immenses plantations et la construction d’infrastructures pharaoniques les ont chassés de leurs terres et ont sapé les fondements de leur vie paisible. Et cette spirale tourne, inexorablement, toujours plus vite.

Ils sont venus de tout le pays lutter ensemble pour une existence dans la dignité. Parmi eux, le charismatique Rajagopal, le leader et maître à penser du mouvement. Leur marche de protestation les mène de Gwalior à Delhi, 400 kilomètres plus loin. Ils résistent à la chaleur, à la maladie, aux rigueurs de la route. Car rien n'entamera leur détermination : ils ne céderont ni ne rentreront à la maison avant que le gouvernement n'ait satisfait à leurs revendications.

Comment lutter pour ses droits sans violence ? Avec ce questionnement à la fois actuel et essentiel, le film de Christoph Schaub et de Kamal Musale rayonne bien au-delà de l’Inde.

Millions Can Walk est un film militant et philosophique, nourri d'émotions et d’images étonnantes, d’une grande force métaphorique. Il développe un véritable suspense : ces hommes et ces femmes réussiront-ils ? Le gouvernement satisfera-t-il à leurs revendications ? (RTS)

Violence et passion

Film long métrage de Luchino Visconti (Italie, 1974)
Le 29.5.2016 à 23h30 sur Durée: 89 minutes
En 1974, le temps des grandes fresques, type Le Guépard, est révolu pour Luchino Visconti. A moitié paralysé à la suite d'un accident vasculaire cérébral, le cinéaste doit se limiter à un « film de chambre», intégralement tourné en studio. Mais le huis clos de Violence et passion n'est pas coupé du monde : à travers Konrad (Helmut Berger), un ancien soixante-huitard récupéré par un groupe néofasciste, c'est toute la violence de l'Italie des années de plomb qui s'engouffre dans l'appartement romain du Professeur (Burt Lancaster), un vieil esthète reclus qui contemple ses tableaux du XVIIIe siècle en écoutant les symphonies de Mozart. Quoi qu'en dise Visconti, cette figure d'intellectuel raffiné qui ne comprend plus la société de son temps était son double. Et Violence et passion, œuvre proustienne hantée par la mélancolie et l'imminence de la mort, son film-testament, plus que L'lnnocent, tourné deux ans plus tard. (Télérama)


Le peuple de Nejmeh

Film documentaire de Jonathan Cadiot (France, 2015)
Le 30.5.2016 à 00h05 sur Durée: 54 minutes
Nejmeh est l'équipe de football la plus populaire du Liban, réunissant des joueurs et des fans de toutes les confessions. L'histoire de ce club est aussi celle de sa résistance à toutes les crises, à toutes les guerres. L'équipe fait vibrer ses supporters qui, par-delà le football, n'ont jamais cessé de voir en elle un idéal, l'allégorie d'un Liban uni. (RTS)


Au-dessus du Gothard

Film documentaire de Gieri Venzin (Suisse, 2016) SHS 21
Le 30.5.2016 à 20h45 sur Durée: 95 minutes
Le gouffre, c’est ainsi que les habitants de Sedrun dans les Grisons appellent le trou de 800 mètres, foré verticalement dans la montagne, qui rejoint le tunnel de base, sous le massif du Gothard. Il y a une quinzaine d’années, la construction des nouvelles liaisons ferroviaires alpines (NLFA) a conduit 500 mineurs dans la vallée et bousculé la vie alentour ; elle a fait monter le taux de divorces et suscité des rêves insensés de grandeur et de richesse. Ces centaines de travailleurs se sont relayés jour et nuit pour mener le chantier à bien. On attendait de puissantes retombées économiques. Que sont devenus ces espoirs de réussite ?

Ce film fait la chronique de cette aventure unique et retrouve certains des témoins qui l’ont vécue. Quelques mois avant l’ouverture officielle du tunnel, l’inquiétude domine, au village ; le « trou » a généré quelques recettes ponctuelles, mais très peu de valeurs pérennes. Il y a de moins en moins de travail. La natalité est en chute libre. Il y a quatre ans, les autorités locales ont vendu leurs trains de montagne (certains disent: leur « âme ») à l’homme d’affaire Samih Sawiris et ont ainsi mis leur destin entre les mains de l’investisseur égyptien.

Depuis vingt ans, le réalisateur Gieri Venzin, originaire de Sedrun, documente la vie de celles et ceux qui ont eu affaire à ce « trou ». Il montre les espoirs, les craintes aussi, des habitants de la vallée et des mineurs attelés au percement du plus long tunnel du monde. Outre les ouvriers qui vont tous les jours dans la montagne, il y a les géologues et les ingénieurs, qui espèrent que leurs calculs sont exacts ; Alfred, qui construit de ses mains un bordel pour les travailleurs ; les femmes du village et leurs maris soucieux et, surtout, le personnage principal du film: le « trou » lui-même.

Coproduit par la RTS, le film de Gieri Venzin propose l’historique de cette construction hors norme. Il s’arrête sur les temps forts de l’aventure, sur les coups durs que rencontrent ses protagonistes et condense toute l’histoire (un chantier de plus de dix ans !), à renfort d’images d’archives et de rencontres phares. (RTS)


Assurance sur la mort

Film long métrage de Billy Wilder (USA, 1944)
Le 30.5.2016 à 20h55 sur Durée: 105 minutes
Dès son troisième film américain, Billy Wilder signe un chef-d'œuvre du film noir, alors que l'expression «film noir» n'a même pas encore été inventée ! La structure narrative est inédite dans un polar, avec son ouverture sur le monologue de Fred MacMurray, qui enregistre sa confession sur son dictaphone. Il a tué le mari de Barbara Stanwyck, garce vénale et manipulatrice, pour qu'elle touche la prime d'assurance. Le film sera un long flashback, le suspense ne reposant plus sur l'identité du coupable, mais sur la fatalité qui s'acharne sur les amants meurtriers.

Wilder aimait que son assassin soit un type banal auquel le spectateur pouvait s'identifier. Ce grand cynique de Billy montrait ainsi que n'importe qui peut tuer, poussé par le démon de la chair ou l'appât du gain. Moment inoubliable : l'excitation quasi sexuelle sur le visage en gros plan de Barbara Stanwyck pendant que Fred MacMurray élimine son mari sur le siège arrière de la voiture, hors champ... Considéré par Woody Allen comme "le plus grand film jamais tourné". (Télérama)


Syrie, témoins à charge

Film documentaire de Olivier Joulie, Garance Le Caisne (France, 2016),
Le 31.5.2016 à 20h45 sur Durée: 52 minutes
En Syrie, depuis cinq ans, des hommes ordinaires amassent des preuves de tous les crimes commis contre la population, quels qu'en soient les auteurs. Dans le fracas des bombes, ces héros anonymes et méconnus prennent tous les risques pour qu'un jour, les responsables rendent des comptes devant les tribunaux. Ibrahim, Othman, Sami César, Adel ou Bassam sont la cheville ouvrière de la plus importante collecte de preuves jamais observée lors d'un conflit en cours. Ils ont récupéré des ordres militaires, ramassé des morceaux de bombes, prélevé des échantillons toxiques, filmé des corps mutilés, archivé des milliers de témoignages. (Télérama)


Syrie, les enfants de la liberté

Film documentaire de Frédéric Tonolli , Amal Mogaïzel (France, 2013)
Le 31.5.2016 à 22h05 sur Durée: 52 minutes
En mars 2011, à Deraa, un village qui jouxte la frontière syro-jordanienne, l'horreur commence et la révolte aussi. Les services secrets syriens investissent l'école du quartier Al Arbaaine, arrêtent près d'une vingtaine d'enfants de 13 ans et les emprisonnent. Aziz et Bachir font partie de la rafle. Depuis, ils sont appelés «les enfants de la liberté». Battus, affamés, soumis au supplice de l'électricité, ils survivent malgré tout. Ils racontent leur souffrance, mais aussi leur fierté d'avoir été les déclencheurs d'une insurrection. En Turquie, puis à Alep et Deraa, en Syrie, en Jordanie le long de la frontière où les Syriens se sont réfugiés en attendant la fin de la guerre, à travers les enfants, les combattants, les blessés, ce documentaire revient sur les débuts de la révolte. 

A l'origine, de simples graffitis. En mars 2011, emportés par le souffle du Printemps arabe, des gamins de Deraa, petite ville du sud de la Syrie, écrivent sur le mur de leur école « Bachar, dégage ! » et le mot « Liberté ». Ils sont immédiatement enlevés et torturés par les services de sécurité — deux n'y survivront pas. Le lendemain, une manifestation est réprimée par les forces de l'ordre. En quelques semaines, le pays s'embrase.

Amal Mogaïzel et Frédéric Tonolli sont partis sur les traces de ces « enfants de la liberté », qui ont osé s'élever contre le régime de Bachar al-Asad. Beaucoup ont fui avec leur famille en Jordanie. Dans l'immense camp de réfugiés de Zaatari, les humanitaires proposent des « ateliers de résilience » pour les enfants traumatisés. « Je n'aime pas Bachar parce qu'il a tué mon frère », lance une fillette, le regard dur et triste de ceux qui en ont trop vu, trop tôt. Les parents louent le courage de leur progéniture rebelle, avouant leur propre faiblesse passée face au régime syrien — « celui qui relève la tête, il est égorgé ».

Ce film, dont on pourra juger le commentaire inutilement lyrique, a le grand mérite de rendre palpable la réalité de cette guerre civile, qui, depuis deux ans, est aussi une guerre d'images. On reste sidéré par les mots de Bachir, tout jeune rebelle récemment sorti de détention, qui se sent responsable de la destruction des siens. « J'aurais préféré que l'on meure tous en prison. Cela aurait évité que la Syrie souffre autant. » (Télérama)


Génération quoi ?

Bac ou crève (1/3) Master chômage et master classe (2/3) La vie, ça commence quand ? (3/3)
Film documentaire de Laetitia Moreau (France, 2013)
Le 31.5.2016 à 23h25 sur Durée: 150 minutes
Pendant plus d'un an, une équipe de journalistes a suivi le parcours d'une quinzaine de jeunes, représentatifs de la sociologie de leur génération, les 18-34 ans. Elle a posé ses caméras à Cergy-Pontoise, dans la préfecture la plus jeune de France, dotée notamment d'un pôle d'excellence et de la plus grande mission locale du pays. Qu'ils soient étudiants, sans bac, diplômés de l'Essec ou qu'ils gagnent le smic avec un bac + 8 en poche, tous ont accepté d'être suivis et font comprendre ce qui caractérise leur génération. Dans un questionnaire, ils expriment leurs craintes, leurs espoirs. Se dessine à travers la somme de leurs réponses un édifiant autoportrait générationnel. 

Il fallait non seulement du métier mais également beaucoup d'audace pour se lancer dans un état des lieux de la jeunesse française. Deux qualités qui ne manquent pas à Laetitia Moreau, comme l'ont prouvé ses précédents documentaires sur le grand âge, la vie en ZEP ou les violences conjugales.

Pour éviter le piège des généralités réductrices sans pour autant se perdre dans une suite de cas individuels qui ne renverraient pas à des phénomènes avérés, elle a mis à profit un an passé à Cergy-Pontoise, dans le Val-d'Oise, à rencontrer des jeunes d'âges différents, de toutes origines et de toutes conditions. A se plonger aussi dans la littérature sociologique pour cerner les problématiques auxquelles est confrontée cette classe d'âge, dont elle évoque les ressources, les tourments et les aspirations par le biais d'une vingtaine de témoignages remarquablement collectés et mis en regard.

Bac ou crève (1/3)
Master chômage et master classe (2/3)

Les deux premiers volets de Génération quoi ? s'attachent ainsi aux étudiants et aux non-diplômés, qui réussissent diversement à se faire une place dans notre société. Puisant dans le terreau sociologique d'une grande variété de cette ville de banlieue où une grande école (l'Essec) et une université voisinent avec des structures d'insertion, la documentariste a réussi à composer le portrait tout en finesse de cette jeunesse dont la parole aura rarement été si bien traitée. Remarquablement composé et monté (par Emmanuelle Giry et Vincent Trisolini), Génération quoi ? concilie rigueur analytique et sensibilité et excelle à traduire les différents aspects d'une réalité de notre temps par ceux-là même qui la vivent. (Télérama)

La vie, ça commence quand ? (3/3)

Désormais, la période qui caractérise la jeunesse peut s'étirer jusqu'à 30, parfois même 35 ans. La fin du cursus scolaire ne marque pas forcément l'entrée dans la vie active, car le parcours d'insertion peut se prolonger sur plusieurs années. C'est le cas de Paul, qui fête ses 30 ans. Après huit années d'études, le jeune homme gagne le Smic. Julie, qui a décroché son Master 2, enchaîne quant à elle les petits boulots et vit toujours chez ses parents, faute de moyens pour devenir indépendante. Aurélie, caissière dans la grande distribution, a décidé de troquer la ville pour la campagne afin d'élever son enfant au vert. Moussa, qui a créé une association citoyenne, est désormais exilé à Washington. Chacun raconte son parcours du combattant pour entamer sa vie d'adulte. 

Après s'être intéressée aux jeunes diplômés et aux non-diplômés, Laetitia Moreau consacre le troisième volet de Génération quoi ? aux stratégies mises en oeuvre pour pallier les difficultés qu'oppose la société à leurs aspirations bien légitimes. A travers un fin tissage de portraits et de témoignages, la documentariste aborde des thématiques aussi diverses que la citoyenneté, l'engagement politique, l'attente prolongée d'un emploi, la tentation du renoncement, la maternité... Par une construction subtile, La vie, ça commence quand ? clôt avec éloquence cette triple évocation sociologique d'une génération confrontée à une masse de problèmes auxquels on la réduit trop fréquemment. (Télérama)


L'Oreille des kids

Le carburant à fusée
Le 1.6.2016 à 14h10 sur Durée: 15 minutes
Quel genre de carburant utilisent les fusées pour décoller ? Si on met du carburant à fusée dans une voiture, que se passe-t-il ? Chris accompagné de Céline du Scienscope vont tout nous expliquer. (RTS)


Les coulisses de l'événement

Gothard : un tunnel « formidable » !
Le 1.6.2016 à 20h15 sur Durée: 59 minutes SHS31
Le 1er juin, Adolf Ogi sera moins en vue qu’Angela Merkel et François Hollande, lors de l’inauguration du tunnel ferroviaire le plus long du monde (57 km). L’ancien conseiller fédéral bernois a pourtant joué un rôle déterminant dans cette épopée humaine, politique et géologique, retracée par Les Coulisses de l’événement. L’émission sera suivie d’un débat Infrarouge.

Adolf Ogi a compris une chose à la fois stupide et basique : la meilleure façon d’achever un tunnel aussi pharaonique est encore de le commencer ! Sans lui, le chantier du siècle serait encore à l’état de projet dans les cartons de la Confédération. L’ancien ministre suisse des transports a d’abord joué un rôle déterminant auprès des Européens, qui voulaient de nouvelles autoroutes à travers les Alpes pour leurs camions de marchandises. Ogi leur a promis en échange deux lignes ferroviaires rapides via les tunnels de base du Gothard et du Lötschberg. Avant de lancer les travaux d’excavation, l’homme de Kandersteg a aussi dynamité les résistances en Suisse et au sein du Conseil fédéral. Son bras de fer avec le ministre des finances Otto Stich a provoqué autant d’étincelles que les travaux à l’intérieur du tunnel ! (RTS)


Infrarouge

Gothard : un tunnel vraiment « formidable » ?
Le 1.6.2016 à 21h15 sur Durée: 50 minutes
L'émission de débat de la RTS Infrarouge poursuit la réflexion, en compagnie notamment d’Adolf Ogi. Que va changer ce tunnel au visage de la Suisse, du Tessin, à nos relations avec l’Europe, à notre mobilité à tous ? 


Vincennes, l'université perdue

Film documentaire de Virginie Linhart (France, 2016)
Le 1.6.2016 à 23h15 sur Durée: 95 minutes
Une clairière envahie d'herbes folles au cœur du bois de Vincennes : quel symbole plus frappant aurait pu dire le trou de mémoire collectif creusé autour de l'histoire de l'université qui, jadis, se trouvait là ? Virginie Linhart y a planté sa caméra pour exhumer, au gré des témoignages, les onze années d'existence de ce lieu unique où, dans la foulée de Mai 68, professeurs et étudiants ont inventé une nouvelle manière de faire «circuler la pensée».

Suppression des cours magistraux, ouverture aux salariés et aux non-bacheliers, nouveaux champs d'enseignement (la psychanalyse, le cinéma...): l'Université de Vincennes osa toutes les expérimentations, mit en œuvre toutes les utopies portées par l'effervescence révolutionnaire. Et réunit un éblouissant casting: Michel Foucault, Gilles Deleuze, Hélène Cixous, François Châtelet... Les plus grands intellectuels de l'époque passèrent par la «forêt pensante». Cette mémoire ravivée charrie des émotions fortes à la hauteur des espérances d'alors et du brutal retour de bâton qui y mit fin. En 1980, "Vincennes la rouge" est condamnée par le pouvoir giscardien. En trois jours, tous les bâtiments sont rasés. L'aventure collective et les trajectoires intimes s'entremêlent dans ce documentaire que Virginie Linhart a écrit à la première personne, elle qui, petite fille, découvrait ce lieu bouillonnant sur les pas de son père. Le «joyeux bordel» de Vincennes (des AG houleuses aux luttes internes entre communistes et gauchistes), comme sa formidable réussite pédagogique, sociale et humaine revivent au fil des archives précieuses et des récits, émus ou amusés. Loin de céder à une vaine nostalgie, le film résonne aussi comme une belle invitation à (re)penser l'enseignement d'aujourd'hui, délestée de l'injonction de la performance et du formatage. (Télérama)


Temps présent

L’abus de jeux vidéo nuit à la santé
Le 2.6.2016 à 20h15 sur Durée: 56 minutes FG 31 MITIC
C’est la nouvelle addiction qui déboule dans les centres de désintoxication : celle aux jeux vidéo, qui est en train de concurrencer le cannabis, l’alcool et la cigarette. Tuer des civils à la kalachnikov ne défoule pas les ados, au contraire. Il est maintenant établi de manière scientifique que les jeux de tir à la première personne et les scénarii guerriers augmentent l’agressivité, désensibilisent à la violence et diminuent l’empathie. Certes, les jeux vidéo violents, toujours plus réalistes et immersifs, ne fabriquent pas des tueurs, mais leur impact n’est pas que virtuel. Et même si, selon l’industrie, ces jeux sont réservés à un public adulte, beaucoup de mineurs y sont « accros ».

Pour certains jeunes, le cannabis, l’alcool ou les clopes font partie des drogues du passé. La nouvelle vague, selon les centres de désintoxication, se trouve sur les écrans. Il s’agit des jeux vidéo. En Europe environ 10% des adolescents seraient concernés par un usage problématique. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter.

Dans ces univers toujours plus réalistes et addictifs figurent en bonne place des jeux de tir, de baston et de guerre, dont le but premier est d’anéantir l’autre. L’immersion et l’action « à la première personne » rendent ces jeux particulièrement délétères pour les mineurs et les personnes fragiles, selon les psychologues, chercheurs, pédiatres, et médecins interrogés.

Pour rappel, le 14 décembre 2012, vingt très jeunes enfants et six adultes de l’école primaire de Sandy Hook, à Newtown, Connecticut (USA), étaient froidement abattus à l’arme automatique par un garçon de 20 ans, qui s’est suicidé quelques minutes après le massacre. Cette tragédie sans précédent relance une vive polémique, les enquêteurs retrouvant dans la luxueuse maison du tireur - une chambre d’ado aux vitres recouvertes par des sacs poubelles - un arsenal quasi militaire, mais aussi de nombreux écrans, ordinateurs, consoles et jeux vidéo violents.

Un traumatisme national, qui a conduit le président Barack Obama à annoncer une nouvelle série de mesures pour mieux encadrer l’accès aux armes à feu, mais aussi à affirmer publiquement son soutien à toute recherche scientifique portant sur l’impact des jeux vidéo violents. (RTS)


Climat, la puissance des éléments

Film documentaire de Graham Booth (GB, 2014)
Le 2.6.2016 à 20h45 sur Durée: 85 minutes SHS 31 10e
Derrière sa nappe cotonneuse, difficile d'imaginer qu'un simple cumulus peut contenir plusieurs centaines de kilos d'eau. Comment un tel poids peut-il rester en suspension dans le ciel ? Sortez stylos et cahiers, la leçon de physique commence ! Dans le rôle du professeur un brin malicieux et maladroit, le présentateur britannique Richard Hammond, toujours prêt à se plier en quatre pour répondre à vos questions.

Epaulé par une petite équipe d'ingénieurs et de chercheurs, l'infatigable animateur se lance dans une série d'expériences pour tenter de comprendre l'envers de notre climat. Pêle-mêle, le casse-cou sillonne les Etats-Unis, se frotte aux bourrasques, aux avalanches et retient son souffle face aux spectaculaires tempêtes de sable. Son objectif ? Analyser ces phénomènes météorologiques de l'intérieur. Ce qui offre aux spectateurs quelques séquences assez savoureuses. On retient notamment cet épisode digne d'un film catastrophe, où une poignée de météorologues s'engouffrent, au volant d'une voiture blindée, en plein cœur d'une redoutable tornade. Suspense et musique dramatique en prime. Au final, les images sublimes d'une nature déchaînée se mêlent aux explications théoriques pour nous livrer un exposé scientifique pas désagréable. (Télérama)


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